Beretta et sa filiale Humbert CTTS, un des principaux distributeurs d’armes de chasse et de tir sportif en France, vont investir 10 millions d’euros pour la construction d’un bâtiment de stockage, de distribution et de service après-vente à Andrézieux-Bouthéon dans le département de la Loire. On ne peut que saluer la volonté de Beretta à vouloir investir en France malgré les obstacles et la lourdeur administrative.
Regrouper Humbert CTTS et Ammotec France
Le directeur-général d’Humbert, Pierrick Mazodier explique les raisons de ce déménagement et de l’installation sur une terrain de 1,2 hectares.
« L’entreprise qui se trouvait auparavant à Saint-Étienne, est installée à Veauche depuis 1981. Elle y occupe un ensemble de trois bâtiments anciens (datant de 1952) d’une surface totale de 3 500 m2, situés en zone urbanisée ».
Beretta est devenu l’actionnaire majoritaire de Humbert en 2001 et a aussi acquis le fabricant suisse de munitions Ammotec en 2022 qui avait une installation dans l’Oise. Le but de cette installation est de regrouper Humbert et Ammotec France sur le même site afin d’optimiser les coûts.
Andrézieux-Bouthéon offre l’avantage d’être proche de Saint-Étienne où se situe le banc national d’épreuve qui est un passage obligé pour les armes avant toute mise sur le marché. C’est aussi à Saint-Étienne que se situe le lycée Benoit Fourneyron où sont formés les armuriers.
Une installation soumise à une consultation publique.
Cette construction ne verra le jour qu’en 2027 car il a fallu que Beretta passe par un processus complexe qui nécessite de prendre en compte de nombreuses normes et réglementations. Ce processus comprend obligatoirement aussi une consultation publique de trois mois au cours de laquelle l’investisseur doit présenter l’opportunité du projet, ses objectifs et ses caractéristiques avant le dépôt des demandes d’autorisation. Le public de la commune concernée est invité à y participer et à en débattre. Les réunions publiques organisées à l’automne n’ont réuni que peu de personnes, selon la presse locale mais cette étape est obligatoire.
La France fait tout pour décourager les investisseurs.
En France, au lieu de se réjouir qu’un groupe étranger investisse sur notre sol, de lui ouvrir les bras et lui faciliter la vie on le soumet (au même titre que les entreprises françaises) à une longue liste de procédures, normes et obligations qui pourraient dissuader tout investisseur qui hésite encore entre s’installer en France ou dans un autre pays. Comment peut-on prôner la ré-industrialisation, le dynamisme économique tout en mettant en place des procédures aussi lourdes et dissuasives ?
Depuis que la doxa écologique a gangrené tous les rouages de l’État, toute construction industrielle ou commerciale doit passer par un processus complexe, d’une incroyable lourdeur administrative.
Il faudra d’abord obtenir une autorisation environnementale qui comprend quatre étapes :
- une phase d’échanges préalables entre le porteur de projet et l’administration ;
- une phase d’examen de la demande par les services de l’État ;
- une phase de consultation publique ;
- une phase de décision aboutissant à la délivrance de l’autorisation par le préfet de département.
Il faudra aussi faire une étude d’impact environnemental :
- description détaillée du projet ;
- analyse de l’état initial de l’environnement ;
- évaluation des effets directs et indirects du projet sur l’environnement ;
- mesures envisagées pour éviter, réduire ou compenser les impacts négatifs.
Une étude thermique préalable est nécessaire pour définir les critères de conception du bâtiment. Cette étude prend en compte :
- les matériaux utilisés (type de bardage, toiture, etc.) ;
- le mode de chauffage ;
- la climatisation ;
- l’éclairage.
L’État ou la préfecture peuvent aussi imposer une une concertation préalable avec le public. L’expérience montre que les seules personnes présentes à ces consultations sont en général les associations écologiques locales systématiquement opposées à toute construction ou installation industrielle ou commerciale au nom de leur idéologie de la décroissance. Ceux-ci vont absolument chercher à démontrer que cela pourrait déranger le cycle de reproduction de tel ou tel insecte ou que la petite mare située sur le site abrite une espèce de crapaud qui pourrait être mise en danger…
On y trouve aussi les quelques retraités égoïstes qui ne veulent pas voir leur cadre de vie légèrement dérangé et qui sont totalement indifférents au fait que ces projets peuvent créer des emplois, dynamiser la vie locale et faire du bien à l’économie française.
L’imposition des ces procédures, loin de protéger l’environnement, n’a en fait que permis de donner la parole et un pouvoir de blocage à ceux qui, pour des raisons diverses, s’opposent à tout. C’est la bonne recette pour figer un pays et le rendre inhospitalier aux investisseurs et aux entrepreneurs.
Ajoutons à cela une fiscalité délirante sur les entreprises qui a encore été alourdie lors de la discussion sur le budget à l’automne 2025 : maintien de la taxe exceptionnelle sur les grandes entreprises, taxation des « super dividendes », remise en cause de la baisse d’impôt de production… A elle seule, la hausse de l’impôt sur les sociétés fait peser une charge énorme sur les enteprises et fragilise nombre d’entres elles. N’oublions pas aussi qu’un chef d’entreprise peut choisir de s’installer là où la fiscalité est avantageuse, cela s’appelle la concurrence fiscale.
La France est en train de tuer son industrie avec ces normes et cette fiscalité ; ne s’arrêtant pas en si bon chemin, elle sacrifie aussi son agriculture sur l’autel du libre-échange sous la pression des allemands et d’une commission européenne hors de contrôle. Et dire que certains ont appelé à voter pour le « Mozart de la finance » qui est en train de détruire notre pays…
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