Au terme de longues discussions, les chasseurs bavarois ont gagné le droit de se retirer des plans de chasse s’ils les jugent excessifs. La réforme récente de la loi bavaroise sur la chasse leur accorde ainsi davantage de liberté.
Lors des expositions annuelles organisées par les associations de chasseurs, au cours desquelles sont présentés les trophées de chevreuils et de cerfs chassés lors de la saison écoulée, le compte rendu du nombre d’animaux tirés fait partie intégrante de l’événement – et est souvent tourné en dérision. En effet, dans presque toutes les associations cynégétiques, le quota de tirs requis n’est pas atteint. En Bavière, cela ne débouche pas sur des pénalités car les possibilités de sanctions sont très limitées.
La planification des tirs, établie tous les trois ans par l’administration des districts est très complexe, comme l’explique Helmut Stork, directeur de l’autorité chargée de la chasse. Elle se base sur l’expertise forestière relative à la situation du rajeunissement des forêts, réalisée par les forestiers de l’Office de l’alimentation, de l’agriculture et des forêts (Amts für Ernährung, Landwirtschaft und Forsten – AELF) et qui décrit la situation en matière d’abroutissement. Si de trop nombreux jeunes arbres sont abroutis, cela indique que les populations de gibier sont trop importantes – les quotas de tir nombre sont alors augmentés.
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La réforme longtemps débattue de la loi sur la chasse a fini par déboucher et accorde désormais beaucoup plus de libertés aux chasseurs. Ainsi, certains territoires de chasse peuvent se retirer du plan de chasse s’ils le souhaitent. La seule obligation est une visite annuelle de la forêt par les copropriétaires fonciers avec le chasseur et une information sur la manière dont le chasseur communiquera à l’avenir les données relatives aux cervidés qu’il a tiré, par exemple une fois par an sous forme de liste ou de preuve physique.
L’accent est mis sur la responsabilité individuelle plutôt que sur la bureaucratie.
Dans les zones où l’abroutissement est trop important, d’autres conditions doivent être remplies pour sortir du plan de chasse : les membres de la société de chasse doivent élaborer un plan de chasse qui explique comment réduire ces dégâts. Ce plan de chasse n’a pas être présenté aux autorités, sauf si celles-ci en font la demande. Si ces zones de chasse présentent des dégâts excessifs de manière répétée, une preuve de réalisation des quotas de tir, physique ou numérique, sera nécessaire, selon le document-cadre du ministère.
« Le droit de chasse lié au foncier est ainsi renforcé, l’accent est mis sur la responsabilité individuelle plutôt que sur la bureaucratie et les débats controversés sur les quotas de tir sont évités », indique le document-cadre.
« J’ai toujours eu du mal à accepter que l’État nous impose de tirer davantage.«
Florian Pfütze, président d’une association de chasseurs, se félicite de ces nouvelles dispositions : « J’ai toujours eu du mal à accepter que l’État nous impose de tirer davantage. » En revanche, il s’oppose à l’avancement de la saison de chasse à la mi-avril : « C’est trop tôt pour notre région, car les chevreuils vivent encore en famille à cette période. »
Avec cette évolution, la Bavière, vieille terre de chasse, nous donne ainsi un très bon exemple dont pourraient s’inspirer nos bureaucrates français qui ne voient que par la planification étatique, les règlements contraignants et les sanctions. Valoriser la responsabilité individuelle et, en même temps, prévenir les excès de toutes les parties prenantes est une piste intéressante à suivre.
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