Le spectacle politique est toujours aussi navrant les soirs d’élection mais il y a quand même un motif de satisfaction hier, les Écologistes perdent les villes conquises en 2020 : Bordeaux, Strasbourg, Besançon, Colombes, Annecy, Poitiers, la métropole de Lyon… L’escroquerie de l’écologie politique a été sanctionnée.

Il faut croire que l’insécurité, la mansuétude pour les dealers, la mort des commerces de centre ville, les pistes cyclables non genrées, le contrôle des rêves des enfants, les passages piétons arc en ciel, considérer que le sapin de Noël n’est qu’un arbre mort, que le tour de France est « une manifestation machiste et polluante » n’ont pas convaincu.

Les villes perdues : un carnage !

  • Strasbourg : Jeanne Barseghian, figure de la vague verte, battue par la socialiste Catherine Trautmann
  • Bordeaux : Pierre Hurmic, maire sortant, défait par Thomas Cazenave
  • Bègles, aux mains des verts depuis 25 ans passe à droite 
  • Poitiers : Léonore Moncond’huy, évincée dans une défaite cuisante.
  • Besançon : Anne Vignot, balayée par la droite.
  • Annecy : Perdue au profit d’une liste centriste ou de droite.
  • Métropole de Lyon perdue au profit du centre droit.
  • D’autres villes comme Colombes ou des communes moyennes ont également basculé.

Ils ont tout tenté pour rester au pouvoir, y compris s’allier à LFI mais cela n’a pas suffi. Poitiers qui était aux mains la gauche depuis 50 ans a basculé. On peut dire que le bilan est édifiant, le rejet est réel. Les explications avancées pour justifier cet échec sont pitoyables : « La cacophonie médiatique lamentable a démobilisé les nôtres », analyse le député écologiste Benjamin Lucas.

Les sondages pré-électoraux montraient un rejet profond des bilans des mairies tenues par les écologistes : entre 52 % et 75 % des habitants de ces villes exprimaient leur mécontentement face à des mesures perçues comme déconnectées ou punitives.

Le dogmatisme au pouvoir

Ces maires ont profité de leur mandat pour faire la promotion d’idéologies extrémistes et violentes comme à Poitiers où Léonore Moncond’huy a fait la promotion, dans le magazine municipal Poitiers Mag, de la manifestation publique organisée par l’association Alternatiba, au cours de laquelle les extrémistes d’Extinction Rébellion ont organisé des ateliers de désobéissance civile. Anne Vignot, maire de Besançon, a introduit une clause de « bien-être animal » dans les marchés publics et a réalisé des travaux dans une des écoles de la ville en vue de désimperméabiliser la cour de la récréation et, par la même occasion, de la « dégenrer ». Léonore Moncond’huy refuse une subvention à un des plus vieux aéro-clubs de France au motif que l’avion pollue et déclare que « L’aérien ne doit plus faire partie des rêves d’enfant ».

Une politique anti-voiture nuisible et inefficace

Une des mesures phares de ces maires a été la réduction de la place de la voiture et la mise en place des zones à faibles émissions. Ceci n’a rien apporté si ce n’est des restrictions et des interdictions pénalisant les habitants des périphéries alors que les bobos du centre ville pouvaient se pavaner avec leurs vélos cargos à 5000 euros. La réduction des voies automobiles au profit des pistes cyclables a considérablement augmenté les embouteillages et donc fait grimper en flèche la pollution. Dans le TomTom Trafic index de 2023, Bordeaux est au deuxième rang des villes comportant le plus d’heures de bouchons.

Cet politique anti-voiture frappe aussi de plein fouet les commerçants du centre ville qui voient leur fréquentation et leur chiffre d’affaire chuter. Les gens vont faire leurs courses en périphérie, là où ils peuvent circuler et se garer.

Pollution en augmentation, fréquentation accrue des grandes enseignes de périphérie, voilà un résultat paradoxal pour des écolos qui prétendent luter contre le « réchauffement climatique » et favoriser le commerce local et les circuits courts…

Augmentation de la taxe foncière

L’augmentation de la taxe foncière a aussi été notable dans ces villes. Il fallait bien trouver des fonds pour lancer les pistes cyclables « non-genrées », repeindre les passages piétons en arc-en-ciel et planter des « forêts urbaines »… Le taux moyen dans les cinquante plus grandes villes de France était de 52,02 %, il s’établissait à 64,62 % à Poitiers, à 63,02 % à Grenoble, à 55,87 % à Bordeaux. Comme toujours avec les écolos plus rouges que verts, les contribuables et en particulier les propriétaires ont été mis à contribution et des dizaines d’associations grassement subventionnées ont pu s’en donner à coeur joie avec des projets tous plus fantaisistes les uns que les autres. Les intermittents du spectacle, les artistes de rue, les « intellectuels » à sarouel et dreadlocks se sont vus confier des missions de la plus haute importance pour sauver le climat et pour le bien de l’humanité.

Une insécurité préoccupante

Mais le plus grave de tout fut probablement la politique laxiste, naïve et complaisante à l’égard des délinquants qui a contribué à faire de ces villes des refuges à dealers et à voyous qui pouvaient agir en presque totale impunité rendant insupportable la vie des citoyens normaux. L’hostilité aux polices municipales et à la vidéo surveillance a contribué à augmenter significativement l’insécurité dans ces villes.

Un épouvantail pour les entreprises

Enfin, ils ont réussi à faire en sorte que les entreprises fuient ces villes ou n’aient pas envie de s’y installer. La déclaration du PDG de Safran est révélatrice du rejet qu’ils suscitent dans le monde des affaires.

« Je vais être très très clair, pour moi, il n’est plus question aujourd’hui d’investir dans une ville qui est détenue par une majorité écologiste », a lancé Olivier Andriès qui a ajouté « « Donc chaque fois que nous aurons un choix de localisation, je bannirai une offre faite par une ville détenue par une majorité écologiste. »

Un effondrement durable, souhaitons-le.

C’est un effondrement durable pour l’écologie politique qui fait suite au très mauvais score (5,5%) des élections européennes de 2024.

Ce n’est pas seulement une défaite électorale : c’est une perte de mairies donc une perte de ressources financières, de visibilité locale et de légitimité politique. Cela se ressentira aussi aux prochaines élections sénatoriales, le nombre de sénateurs écologistes risque de diminuer sérieusement. Nous ne regretterons pas des gens comme le sénateur Salmon qui fut membre de la commission sur la sécurité à la chasse et qui a fait tout son possible lors de celle-ci pour attaquer la chasse et orienter les conclusions de la commission vers des restrictions et des interdictions.

La vague verte de 2020 n’est plus qu’un souvenir lointain, et l’écologie politique française sort fragilisée. Le pari de Marine Tondelier de rassembler « un million de sympathisants d’ici la fin de la mandature » est raté, c’est le moins que l’on puisse dire.

Il faut maintenant que les autres partis politiques en tirent, eux aussi, les conséquences. Les écologistes ne représentent rien dans le paysage politique français et il faut arrêter de leur prêter une oreille complaisante et de céder à leurs chantages.

Qu’il s’agisse de politique énergétique, de politique agricole ou de politique migratoire, les autres partis doivent s’affranchir de leurs diktats et ne plus se laisser dicter leur ligne par ce qui n’est aujourd’hui qu’un groupe ne représentant presque plus rien. Espérons aussi que les délires animalistes et antispécistes bien relayés par les écologistes perdent ainsi des relais et arrêtent d’influer sur la vie politique française qui a des sujets bien plus sérieux à traiter.


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