Sept ans après les faits la justice s’est penchée sur le drame atroce qui s’est déroulé en forêt de Retz le 16 novembre 2019. Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu en juin mais les débats ont permis de mettre fin aux doutes. C’est bien Curtis le chien de Christophe Ellul qui est responsable ; la vènerie est blanchie au grand dam des anti-chasse et complotistes de tout poil.

Ce drame qui a été largement instrumentalisé pour attaquer la vènerie et la chasse en général a permis au pire de ce qu’une société peut produire de se révéler. Il aura démontré que les ennemis de la chasse ne reculent devant aucune ignominie pour salir notre passion, que la presse, avide de sensationnalisme et d’audimat, a, une fois de plus, oublié les fameuses « valeurs » qu’elle vante tant par ailleurs. Il aura aussi été une occasion supplémentaire de constater l’abyssal niveau de bêtise de certains de nos compatriotes qui sont prêts à colporter n’importe quelle théorie fumeuse et à devenir les porte-parole des pires thèses complotistes. Ils ont même oublié la plus élémentaire des compassions à l’égard de la victime et de sa famille pour ne plus se soucier que du chien. Il y a de quoi s’interroger sur la santé mentale de beaucoup.

Il n’y aura de notre part ni oubli ni pardon.

Christophe Ellul admet l’implication de son chien

Le mercredi 4 mars, le tribunal a examiné les rapports d’expertises génétiques réalisées sur Curtis, un whippet patterdale assimilé à un pitbull et les mesures des crocs ayant provoqué les blessures mortelles. Les conclusions sont formelles et désignent toutes ce chien qui a ensuite mordu gravement une bénévole du refuge au sein duquel il avait été placé après le drame. et qui s’en est également pris à la sœur de Christophe Ellul et a même attaqué son maître.

Confronté à ces expertises et aux questions de la présidente du tribunal, Christophe Ellul finit par admettre ce qu’il a toujours nié :

« Aujourd’hui, je crois qu’on m’a donné les preuves que c’est Curtis. J’en peux plus. »

Au vu des expertises, des débats, et du demi aveu d’Ellul, le procureur a requis l’euthanasie du chien responsable de la mort de la jeune femme et du bébé qu’elle portait ainsi que quatre ans de prison contre son propriétaire. Le jugement, mis en délibéré, sera rendu en juin.

Pas de circonstances aggravantes ?

Il est surprenant que le procureur évoque l’absence de circonstances aggravantes tant l’attitude de Christophe Ellul est sujette à caution. Depuis le début, il aura tout fait pour échapper à sa responsabilité allant jusqu’à accuser les chiens de vènerie et désigner à la vindicte populaire, via les réseaux sociaux, tous ceux qui mettaient sa thèse en doute. Quand la justice ne va pas dans son sens, il tape sur la justice. Il a refusé de nombreuses convocations, s’en est vanté. Dans une interview à Sud-Ouest, il a critiqué l’instruction et mis en cause un juge en l’accusant de partialité.

N’oublions pas que c’est lui qui a acheté et importé illégalement en France le chien en question. C’est lui qui l’a entraîné et fait participer à des compétitions interdites.

Oise Hebdo Oise Hebdo qui révèle les origines de Curtis, issu d’une lignée de chiens de combat, vantée par leur éleveuse hollandaise, Sharon de Witun. Depuis la mort d’Elisa Pilarski, l’élevage a fermé toutes ses pages sur internet, tout ce qui pouvait relier cet élevage à l’affaire Pilarski a donc été délibérément effacé. Selon TF1, cet élevage hollandais ne répond pas aux normes de l’organisation canine mondiale qui encadre les conditions d’élevage et de compétition de chiens. Enfin il est à noter que ces chiens interdits doivent être stérilisés, or Curtis ne l’était pas. Cela n’a qu’un intérêt, leur permettre de se reproduire et d’alimenter un trafic extrêmement juteux puisque ces chiens peuvent se revendre sous le manteau jusqu’à 20 000 euros.

Une mort instrumentalisée par des charognards

Immédiatement après le drame, les habituels charognards se déchaînent. La chasse à courre se fait attaquer et est accusée de la mort d’Elisa Pilarski. Les associations anti-chasse y voient la possibilité de faire interdire ce mode de chasse et se joignent à certaines « célébrités » qui, elles aussi, sautent sur l’occasion. Les réseaux sociaux commencent à s’animer à propos de la mort d’Elisa.

Le plus rapide sera Hugo Clément qui, dès le 18 novembre, poste ceci :

« Une femme enceinte tuée par des morsures de chiens alors qu’elle se promenait en forêt dans l’Aisne. L’enquête doit déterminer si elle a -ou non- été victime d’une meute de chiens de chasse. Une chasse à courre avait lieu dans la zone au même moment. »

Rémi Gaillard, lui emboite le pas et se fend de pas moins de 4 tweets en 2 jours.

« Bonjour @EmmanuelMacron, Une femme enceinte retrouvée morte en forêt de Retz (16/11/19). Des morsures de chiens de chasse à courre, dressés pour tuer, seraient à l’origine du décès. On continue longtemps à se faire enculer par tes potes chasseurs ? #Lobby« 

Il faut noter la perfidie de Hugo Clément qui prend plus de gants que Rémi Gaillard dans son accusation mais le caractère pernicieux de sa formulation est sans équivoque. Il eut été plus objectif et neutre de dire que l’enquête devra déterminer de quel(s) chien(s) a été victime Elisa Pilarski. Mais l’objectivité et l’honnêteté ne font pas partie de la panoplie journalistique de Hugo Clément, nous l’avons constaté depuis ses débuts dans la profession.

« Ça nous aiderait bien que la meute soit responsable de ce massacre » (AVA)

Autre vautour attiré par l’odeur du sang, un membre d’AVA, interviewé dans Le Point, déclare que « tout le monde, ici, se dit que la vénerie va étouffer l’affaire, que ces gens ont le bras long » et rajoute sans aucune gêne que « ça nous aiderait bien que la meute soit responsable de ce massacre ».

La Fondation Brigitte Bardot, dirigée à l’époque par le fringant Christophe Marie1, n’est pas en reste et se joint aux chacals, tout comme des collectifs moins connus.

Ellul est probablement aussi un acteur de cette instrumentalisation. Par qui a-t-il été contacté ? Qui l’a soutenu parmi ces associations et collectifs ? Qui paie son avocat ? Une cagnotte lancée sur les réseaux sociaux avait été créée pour régler les honoraires de maître Patrice Grillon, avocat de l’association Stéphane Lamart bien connue pour son activisme anti-chasse.

Un journalisme de caniveau

Le traitement de ce drame par les médias a été lamentable. Qu’il s’agisse de presse écrite ou audiovisuelle, les médias ont flairé la bonne affaire qui fait vendre du papier et grimper l’audimat. Dans leurs colonnes et sur leurs plateaux, le décès atroce de cette jeune femme est devenu « l’affaire Pilarski ». Aucune compassion, juste du voyeurisme, du populisme crasse et du militantisme à peine masqué. La chasse à courre étant la cible idéale, ils ont pu oublier toute retenue et toute objectivité.

La presse française se caractérise aujourd’hui par sa parfaite conformité aux exigences du temps et aux diktats de la « bien-pensance ». On retrouve le même carcan dans les écoles de journalisme2 qui produisent à la chaîne des petits soldats interchangeables au service d’une information corsetée, contrôlée et aseptisée mais conforme à la doxa idéologique en vogue. Le meilleur exemple de ce formatage est l’ESJ de Lille devenue une fabrique à propagandistes de gauche. Il faut d’ailleurs noter que Hugo Clément y a fait sa formation…

C’est sans surprise à BFM que revient la palme de l’indignité. C’est un de leurs journalistes, Matthias Tesson, qui, dès le lendemain du drame, a réalisé la première interview de Christophe Ellul. Cet entretien avait donné un éclairage national à l’affaire et c’est là que Ellul a évoqué la présence d’un équipage de vènerie dans les environs afin de disculper son chien. Ces déclarations ont été diffusées sans aucune analyse a posteriori et sans aucun regard critique de la part de la rédaction.

Les réseaux sociaux et le déferlement de la bêtise et des complotistes

Sur les réseaux sociaux on assiste à un déferlement de haine, de bêtise crasse et à la naissance de théories complotistes toutes plus délirantes les unes que les autres. Il est d’ailleurs révélateur que la défense de Curtis soit, pour ces agités, plus importante que la compassion pour Elisa Pilarski qui passe assez vite au second plan de leur préoccupations pour finir par disparaître complètement de leurs publications indignes.

Quelques figures se détachent et deviennent les chefs de meute. Ce sont ceux-là qui vont donner le la, désigner les personnes coupables d’accuser Curtis, lancer des cagnottes destinées à payer des frais d’avocat mais dont l’argent disparaitra mystérieusement.

La masse des suiveurs est principalement composée de femmes d’un certain âge, désoeuvrées d’un niveau culturel proche de zéro (l’orthographe de leurs publications est révélateur) et qui trouvent dans cette affaire un exutoire à leur désoeuvrement, à leur mal-être et à leur probable misère affective.

On va trouver dans ces soutiens à Curtis le comble du complotisme. En voici quelques exemples.

Une personne publie un « article » concernant la condamnation d’un certain Paul Van Der Berghe (nom de famille du maître d’équipage) qui aurait déjà été condamné pour zoophilie et trafic de chiens. Cet article est un faux.

Un autre accuse sur Facebook les gendarmes de corruption, alors que la Gendarmerie a été pourtant dessaisie de l’affaire dès le premier jour.

Lorsque la presse annonce que le procureur en charge de l’affaire quitte Soissons, la nouvelle enflamme les réseaux sociaux, certains y voyant une volonté de faire taire la personne en charge de l’affaire. Ce sont les mêmes qui critiquaient pourtant ces magistrats et les accusaient de corruption.

Autres exemples de mensonges délibérément propagés par des gens qui croient mieux savoir que la justice ce qui s’est réellement passé :

« Ils ont continué la chasse alors qu’ils savaient qu’on avait découvert le corps ». Faux.

« Elisa a bien dit qu’elle était mordue par DES chiens »: non, c’est Christophe Ellul qui prétend qu’Elisa lui a tenu ces propos. Il n’y a aucun moyen de le vérifier.

« Un seul chien ne peut pas faire ÇA » : « ça », c’est l’étendue des blessures subies par la victime. Ils n’ont évidemment pas eu accès au dossier mais pensent mieux le connaitre que le médecin légiste.

« Qui a fait les prélèvements ? » Sous-entendu, ce sont des complices du complot. Et bien non, ce sont des médecins légistes sur le corps, un laboratoire sur les scellés et des vétérinaires agréés sur les chiens.

On voit aussi fleurir la thèse du complot des « puissants » qui vont étouffer l’affaire et cela donne lieu à une avalanche de commentaires qui donnent vraiment une mauvaise image de l’humanité.

Harcèlement et menaces de la part des soutiens de Curtis

Non contents de mentir et de diffamer les soutiens de Curtis s’adonnent aussi au harcèlement et au doxing. Toute personne qui met en doute la thèse de l’innocence de ce chien est désignée à la vindicte populaire. Des pages Facebook sont créées comme la « Page de soutien du Comité de défense des droits de Curtis ». On y trouve mensonges, manipulations, théories du complot et incitations au harcèlement. Le harcèlement est parfois même initié par Ellul, lui-même.

Après avoir été placé dans un refuge à Beauvais, le chien Curtis a mordu une bénévole dont le nom sera dévoilé dans la presse. Celle-ci est incriminée par Ellul. Il annonce porter plainte et « invite toutes les associations de protection animale à se porter partie civile. » Il invite également les internautes à appeler la direction du refuge. La conséquence fut immédiate, la pauvre bénévole a reçu des dizaines de menaces de mort.

Une journaliste du JDD, Plana Radenovic sera, elle aussi visée par le « clan Ellul » suite à deux articles qui ne lui plaisaient pas. Ellul mettra même en ligne le numéro de téléphone de la journaliste ainsi que celui d’un éducateur canin dont les conclusions n’allaient pas dans le bon sens.

Bien entendu, aucune leçon ne sera tirée de ce drame. La presse continuera à servir du « prêt à penser », les anti-chasse, sûrs d’incarner la morale, continueront leurs attaques indignes et la foule des suiveurs continuera de hurler avec la meute tout en étant certaine de son bon droit.


  1. Christophe Marie a quitté la FBB pour occuper le poste de directeur Affaires nationales et européennes à la Fondation 30 Millions d’Amis. Titre ronflant et certainement rémunérateur. J’invite les donateurs de cette association à se pencher sur l’utilisation qui est faite de leur argent… ↩︎
  2. « Les écoles de journalisme offrent un panel technique et méthodique de connaissances à des individus pour la plupart déjà formatés. En tout cas idéologiquement compatibles avec ce milieu. Soit on adhère avec zèle à cette compétition morale, soit on divise par mille ses chances d’exister dans ce milieu. » Laurent Obertone, lui aussi passé par l’ESJ. ↩︎


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Un commentaire sur « « Aujourd’hui on m’a donné les preuves que c’était Curtis. » admet enfin Christophe Ellul »

  1. Voilà ma foi un tour d’horizon très complet des errements animalo-médiatiques, pétris de mauvaise foi et de haine, qui ont jalonné cette triste affaire. Ellul peut s’estimer heureux de n’avoir été poursuivi « que » pour homicide involontaire tant son attitude dès le premier jour pose question.
    Merci Denis 😉

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