La décision brutale, prise sans aucune concertation de retirer le lagopède et le grand tétras de la liste des espèces chassables a stupéfait le monde de la chasse. Elle signe l’arrêt de mort de l’espèce mais aussi de la coopération avec des institutions qui nous trahissent dès qu’elles en ont la possibilité. La ministre et ses services ne peuvent avoir le beurre et l’argent du beurre. On ne peut demander d’un côté que les chasseurs et leurs structures fédérales s’investissent dans une démarche scientifique à leurs frais et les poignarder dans le dos à la première occasion.

Ceci intervient juste après que la FNC se soit fort justement insurgée contre le fait que l’OFB ne joue pas franc-jeu avec nous et finance même nos opposants. Cette attitude a assez duré ! Soit nous sommes partenaires et, dans ce cas devons être respectés, soit nous cessons toute coopération et gardons notre argent et nos données pour nous.

Cette décision signe non seulement l’arrêt de mort de ces deux espèces puisque seul les chasseurs s’en souciaient jusqu’à présent en entretenant les biotopes indispensables à ces oiseaux, en assurant leur suivi par des comptages réguliers transmis à l’OFB et au conservatoire mais en plus elle signe aussi l’arrêt de mort de la coopération avec un ministère complètement gangrené par une idéologie hors-sol qui pense n’avoir de compte à rendre à personne. Comment encore faire confiance à une institution qui ne respecte absolument pas les règles pourtant établies en commun ? Si la ministre persiste dans cette voie et confirme le retrait de la liste des espèces chassables qui est une décision définitive, elle signe l’arrêt de mort de la gestion adaptative qui repose sur la réversibilité des moratoires.

La lettre ouverte publiée par le président de la fédération départementale des chasseurs de Haute-Garonne résume parfaitement les enjeux. Vous nous trahissez ? Et bien, ne comptez plus sur nous et sur notre argent.

C’est avec une certaine stupeur que nous avons découvert, par voie de presse, le projet de la Ministre de la Transition Ecologique de classer le Grand Tétras et le Lagopède alpin en espèces protégées.

Une décision brutale, unilatérale, qui semble davantage répondre à certaines pressions qu’à une analyse équilibrée des réalités de terrain et qui dépasse largement les récentes demandes du Conseil d’Etat. Une annonce sans concertation avec les acteurs de terrain et les Fédérations des Chasseurs, pourtant directement engagés dans la connaissance et la gestion de ces espèces depuis plusieurs dizaines d’années.

Cette manière de procéder déplorable interroge. Elle appelle, de la part de notre Fédération, une mise au point claire et sans ambiguïté.

Depuis des années, la Fédération Départementale des Chasseurs de la Haute-Garonne, aux côtés des chasseurs de montagne, assure l’essentiel du suivi de ces espèces pour le compte de l’Etat et de ses partenaires : comptages protocolés, observations, collecte de données. Ce travail est reconnu pour sa rigueur par la DREAL Occitanie et l’OFB eux-mêmes. Il repose sur un réseau structuré, compétent, et sur un engagement bénévole massif de nos chasseurs.

Ces données, transmises à l’Etat pour orienter ses politiques de gestion des galliformes de montagne, ont d’ailleurs abouti à la mise en place du moratoire actuel sur le Grand Tétras en 2022.

Ce moratoire, accepté avec responsabilité par les chasseurs, a permis d’améliorer significativement les connaissances scientifiques concernant l’impact réel de la chasse. Il a ainsi montré une réalité que nul ne peut ignorer : l’arrêt de la chasse, à lui seul, n’est pas un levier déterminant de la dynamique des populations. Autrement dit, la chasse n’est pas le facteur limitant du Grand Tétras.

C’est précisément pour répondre à cette complexité qu’avait été construite, avec l’État, une gestion adaptative, fondée sur la science et l’observation de terrain.

Aujourd’hui, le projet de classement remet en cause cet équilibre.

Il change profondément les règles du jeu.

Dans ces conditions, la Fédération des Chasseurs de la Haute-Garonne et ses chasseurs ne pourront plus être sollicités comme si rien n’avait changé. Si cette orientation politique est confirmée, la FDC31 en tirera toutes les conséquences, y compris en reconsidérant sa participation aux instances de concertation, aux dispositifs de suivi et aux programmes de collecte de données. Ses équipes techniques, ses adhérents, leurs véhicules, leurs chiens d’arrêt, leur matériel… ne seront plus mobilisés pour le compte de l’Etat. Si cette décision devait être entérinée, alors chacun devra prendre ses responsabilités.

Car il ne peut y avoir, d’un côté, une remise en cause des principes construits collectivement, et de l’autre, une attente implicite que le réseau cynégétique continue d’en assurer gratuitement la mise en œuvre.

Deux voies seront alors clairement ouvertes pour le Ministère et les soutiens de sa politique :

– Assumer pleinement, sans les chasseurs, la mise en œuvre des politiques de suivi et de conservation, avec les moyens humains, techniques et financiers nécessaires — des moyens qui, jusqu’à présent, reposaient très largement sur l’engagement bénévole du réseau cynégétique.

– Ou reconnaître pleinement le rôle de la Fédération, en assumant le coût réel des missions qui lui sont confiées, dans un cadre contractuel clair et renégocié.

Une chose est sûre : la FDC31 ne se dérobera pas. Mais elle n’acceptera pas non plus de porter seule, et gratuitement, les conséquences de décisions qu’elle n’aura pas choisies et pour lesquelles elle n’a même pas été consultée.

La FDC31 rappelle ainsi, s’il en était besoin, que les décisions politiques ont des conséquences. Lorsqu’elles sont guidées davantage par l’idéologie que par les réalités de terrain, elles ont un coût.

Ce coût devra être assumé. Par ceux qui prennent ces décisions, comme par ceux qui auront à en répondre devant les contribuables.

A Carbonne, le 02 avril 2026.

𝐉𝐞𝐚𝐧-𝐁𝐞𝐫𝐧𝐚𝐫𝐝 𝐏𝐎𝐑𝐓𝐄𝐓. Président de la Fédération Départementale des Chasseurs de la Haute-Garonne


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Un commentaire sur « Lagopède, grand tétras, un président de FDC s’insurge contre le retrait de la liste des espèces chassables. »

  1. Il faut effectivement aller au clash avec le ministère et l’OFB qui milite entièrement contre les chasseurs et les pêcheurs. Il n’y a rien à attendre de ces écologiste politiques militants. L’OFB doit être récusée et combattue jusqu’à sa restructuration.

    Autre décision absurde du ministère qui illustre bien un dogmatisme écologique bien loin des réalités scientifiques : la limitation de la pêche des maquereaux à 5 maquereaux par personne et par jour, alors même que les plaisanciers représentent moins de 1% des prélèvement totaux français de l’espèce.

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