Dans ce deuxième volet, Olivier Berthold, président de l’ANCGE, nous parle des menaces qui pèsent sur la chasse du gibier d’eau. Disparition des biotopes, réglementation de l’Union européenne, ministère qui ne défend pas les dossiers, absence de publications scientifiques en soutien de cette chasse…

La chasse au gibier d’eau en France est confrontée à une accumulation de défis écologiques, réglementaires et politiques.

Dégradation des zones humides

C’est probablement le problème le plus important. Depuis le début du XXe siècle, la France a perdu entre 50 et 70 % de ses zones humides selon les estimations retenues. Drainages agricoles, urbanisation, endiguements et artificialisation ont profondément modifié les habitats.

Conséquences :

  • baisse de la capacité d’accueil des oiseaux migrateurs ;
  • diminution des sites de reproduction ;
  • réduction des ressources alimentaires ;
  • concentration des oiseaux sur moins de sites.

L’ANCGE et l’ensemble des chasseurs font fort justement remarquer que nombre de territoires de chasse sont aujourd’hui parmi les derniers marais entretenus. Sans cette gestion (niveaux d’eau, roselières, mares, entretien hydraulique), une partie importante des habitats disparaîtrait.

Les restrictions réglementaires européennes

La chasse au gibier d’eau est très encadrée par la Commission européenne au titre de la Directive Oiseaux. Les débats portent notamment sur :

  • les dates d’ouverture et de fermeture ;
  • la chasse de certaines espèces en février ;
  • les méthodes traditionnelles.

Les chasseurs reprochent aux autorités françaises :

  • une application plus stricte que dans d’autres pays ;
  • une mauvaise défense des dossiers français devant Bruxelles ;
  • des données scientifiques insuffisantes pour défendre certaines périodes de chasse. Il faut, à ce sujet, se demander pourquoi la France, à l’inverse d’autres pays, ne dispose pas d’un organisme scientifique cynégétique digne de ce nom, capable de produire des données et des études sérieuses, publiées et revues par les pairs…

Les difficultés autour des données scientifiques

Comme les chasseurs ne peuvent pas s’appuyer sur des études scientifiques que la Commission euriopéenne pourrait prendre en coompte, les désaccords sont nombreux et concernent :

  • les méthodes de comptage ;
  • la prise en compte des oiseaux hors UE ;
  • les populations biogéographiques ;
  • les modèles de migration.

L’ANCGE et d’autres organisations cynégétiques contestent certains travaux du groupe d’experts européen (NADEG), estimant que ses évaluations sous-estiment les effectifs réellement disponibles à l’échelle des voies de migration.


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