L’incitation au harcèlement est une pratique récurrente chez Rigaux, une chasseresse des Alpes de Haute Provence vient d’en faire les frais, mais avec quelques unes de ses dernières publications, il franchit un seuil supplémentaire : il appelle implicitement ses fans à l’illégalité. Deux posts Instagram récents (11 et 30 septembre) sont clairement des appels au vol et à l’enlèvement de biens appartenant à des tiers.

« N’écoutant que que son courage qui ne lui disait rien, il se garda bien d’intervenir. » (Jules Renard)

Évidemment, il se garde bien de commettre lui-même ces actes et compte sur ses publications pour que certains crétins à bas QI se chargent de la sale besogne pendant que lui reste à l’abri derrière son écran. Il lui suffit de publier les informations et de laisser les autres agir.

Incitation au vol et à la destruction de biens privés

Le 30 septembre, Rigaux publie sur Instagram des photographies et une carte permettant de localiser précisément l’endroit où sont entreposées des caisses de faisans destinés à être lâchés. Son commentaire est particulièrement explicite :

« Emporter les caisses pourrait être considéré comme un vol, mais ces oiseaux mériteraient d’être libérés au plus vite loin de ces lieux où est prévue leur chasse. »

Le problème est que « emporter les caisses » n’est pas simplement susceptible d’être qualifié de vol, si quelqu’un s’en empare sans l’accord de leur propriétaire, c’est précisément la définition du vol. Rigaux ne s’arrête pas à cette formulation. Il indique que les oiseaux devraient être « libérés au plus vite », tout en donnant à ses abonnés les moyens matériels de localiser les caisses.

Quelques jours plus tard, le compte publie une mise à jour indiquant que les faisans ont été « libérés« . Ce que Rigaux ne sait pas ou ne dit pas, c’est que les faisans en question ont été récupérés par l’éleveur qui s’était trompé de date pour la livraison. Le président de la société de chasse locale, qui est aussi le président de la FDC 83, l’a confirmé à Chroniques Cynégétiques au téléphone. Le triste sire s’attribue donc une « victoire » factice de manière à encourager ses followers et à mobiliser ses troupes.

Si ces oiseaux avaient été volés comme Rigaux le suggère, les faits auraient alors pris une toute autre dimension. Il s’agirait de vol et d’incitation au vol. Avec ce genre de publication, nous ne sommes plus dans le registre de la simple dénonciation militante mais face à des faits susceptibles de relever notamment de la violation de propriété, de vol et, selon les circonstances, de dégradations.

Des publications pénalement répréhensibles

Au vu de la loi, la responsabilité de l’auteur de la publication semble claire. L’article 23 de la loi du 29 juillet 1881 vise notamment la provocation publique à commettre un crime ou un délit lorsqu’elle est faite par un moyen de communication au public et qu’elle a été suivie d’effet. Dans certaines hypothèses, le provocateur peut alors être soumis au régime applicable au complice de l’infraction commise.

L’article 24 réprime par ailleurs certaines provocations directes à commettre des infractions, notamment lorsqu’elles sont diffusées par les moyens de communication visés par la loi.
Le texte assimile alors le provocateur à un complice de l’infraction effectivement commise. C’est applicable à une publication sur Facebook, X, Instagram, YouTube, un site internet, un forum, etc.

La publication du 30 septembre tombe clairement sous les coup de ces deux articles. Elle ne se contente pas de dire que les faisans devraient être libérés,

  • elle identifie l’objet susceptible d’être soustrait (les caisses de faisons) ;
  • elle emploie le verbe « emporter« , qui décrit l’action à accomplir ;
  • elle reconnaît elle-même que cette action pourrait constituer un vol ;
  • elle présente cette action comme souhaitable en affirmant que les oiseaux devraient être « libérés au plus vite » ;
  • et surtout elle fournit une localisation précise permettant de retrouver les caisses.

Publier la carte et les photographies du lieu est aggravant

Les informations diffusées ne sont pas vagues, la publication permet d’identifier :

  • la commune concernée, La Garde-Freinet, dans le Var ;
  • le bâtiment dans lequel sont entreposées les caisses ;
  • son environnement immédiat ;
  • sa situation « au bord d’une petite route » ;
  • sa localisation au moyen d’une carte ;
  • et donc l’endroit où les caisses peuvent être trouvées.

Autrement dit, la publication ne dit pas seulement « libérez ces oiseaux », elle fournit à celui qui voudrait le faire toutes les informations nécessaires pour passer à l’action. La chronologie est claire : publication des photographies et de la localisation, appel à « emporter » les caisses, vol des caisses puis publication annonçant que les oiseaux ont été « libérés ».

Ce n’est pas la première fois.

Le 11 septembre, Rigaux avait déjà publié un post similaire concernant une société de chasse de Yèvre-la-Ville, dans le Centre. Là encore, les ingrédients sont les mêmes : photographies des installations, localisation précise et suggestion d’une intervention sur les cages. Il est notamment écrit :

« Si les cages étaient ouvertes dès maintenant, ces oiseaux auraient une chance modérée de pouvoir échapper à la chasse. Pour y échapper plus sûrement, il faudrait qu’ils soient emportés ailleurs. »

Le vocabulaire est explicite : « ouvrir les cages », puis « emporter » les oiseaux : là encore, le message décrit des actions matérielles que des militants pourraient accomplir sur les installations d’une société de chasse.

Rigaux ne se contente plus de harceler, mentir, manipuler, il incite ses fans à passer à l’illégalité, il publie le mode d’emploi précis : désigner la cible, fournir sa localisation et encourager une intervention que l’auteur sait lui-même susceptible de constituer une infraction. Rigaux pense ce qu’il veut de la chasse mais en incitant ses suiveurs à commettre des délits, il franchit un cap qui mériterait une sanction pénale.

Il semble que Rigaux s’inspire des méthodes promues par Andreas Malm, cet activiste marxiste de gauche radicale, qui théorise le recours au sabotage comme mode d’action écologiste. Celui-ci défend explicitement le recours à la destruction des infrastructures et des biens. C’est ce que Rigaux met en oeuvre à un plus petit niveau. Les deux personnages se revendiquant de l’extrême gauche radicale il n’est pas surprenant que leurs modes d’action soient identiques.

Le véritable agenda de Rigaux va bien au-delà de la seule action militante contre la chasse, il s’inscrit dans un projet politique plus large d’extrême gauche radicale qui consiste à éradiquer toute forme d’enracinement et d’identité. La chasse, par son ancrage dans les terroirs, par le lien qu’elle maintient entre l’homme et une nature réelle et non fantasmée, est, à ce titre, considérée comme une activité à éliminer. Dominique Venner décrit parfaitement ce que l’on veut nous enlever :

« Avec ou sans arme, par la chasse, je fais retour à mes sources nécessaires : la forêt enchantée, le silence, le mystère du sang sauvage, l’ancien compagnonnage clanique. »


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Un commentaire sur « Rigaux incite au vol, il désigne les cibles pour que ses abonnés passent à l’action »

  1. Chasse 0.66% d’impact sur la biodiversité VS 99.34% pour toutes nos activités liées à notre hypersurpopulation et notre hypersurpopulation.

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