Il y a quelques jours, un chasseur américain est mort après avoir été attaqué par un groupe d’éléphants au Gabon. Les réseaux sociaux ont, comme à chaque fois, été envahis de messages haineux et stupides de la part des habituels commentateurs bien excités par les activistes et les associations anti-chasse qui savent jouer sur l’émotion d’un public ignare et incompétent.

Mais il y a plus grave, la presse généraliste n’a pas joué son rôle, elle s’est contentée de reprendre la propagande des activistes sans faire son travail de recherche, d’investigation et de mise en perspective. Pire encore, elle ne met qu’une chose en avant, le fait que ce chasseur soit « millionaire ». Oui et alors ? Pourquoi relayer les éléments de langage des groupes gauchistes antichasse qui veulent attiser le ressentiment social et l’utiliser pour diaboliser la chasse. De la part le Libé ou de l’Humanité, cela se comprend mais que le Figaro en fasse autant est révélateur du conformisme béat et de la médiocrité qui règnent dans les médias aujourd’hui.

A quoi servent donc les journalistes ? Pourquoi ne font-ils pas le métier pour lequel ils ont soi-disant été formés ? S’ils ne sont que des porte-voix de diverses officines de lobbying, s’ils n’apportent pas de plus-value, s’ils se contentent de relayer les communiqués de presse des associations et de jouer sur l’émotion pour générer du clic et de l’audience, il faut vraiment se demander s’ils méritent la considération qu’ils exigent de nous. Pourquoi ne se servent-ils pas de ce triste fait divers pour aller au fond des choses, pour creuser le sujet ? Il y a pourtant matière.

Voici ce qu’un journaliste sérieux aurait pu écrire.

De nombreux groupes anti-chasse veulent réduire la chasse au trophée à une seule chose : des gens riches qui tuent des animaux pour satisfaire leur ego. C’est une vision simpliste. C’est aussi une vision erronée.

Prétendre que toute chasse à l’étranger équivaut à du braconnage ou à de la cruauté envers les animaux est faux et ne rend pas service à la nécessaire conservation de la faune et des habitats naturels. C’est juste de l’activisme déguisé en conservation des espèces et de la propagande grossière.

En réalité, une chasse bien réglementée peut apporter une réelle valeur économique à la faune sauvage dans les régions où celle-ci s’attaque aux cultures, est dangereuse pour les populations et rend impossible la cohabitation entre les hommes et les animaux. Les éléphants détruisent les cultures, les lions tuent le bétail, les rhinocéros nécessitent une protection armée. Les habitats naturels diminuent chaque jour du fait de l’agriculture, de l’élevage et de tous les aspects de l’expansion humaine. Lorsque la faune sauvage n’a aucune valeur aux yeux des populations qui vivent à ses côtés, elle devient un fardeau.

C’est là que la chasse fait toute la différence.

Une chasse légale peut générer des revenus pour les propriétaires fonciers, financer les patrouilles anti-braconnage, contribuer à la préservation des habitats, créer des emplois, fournir de la viande et soutenir les communautés locales. Elle peut également inciter à préserver la nature sauvage des terres plutôt que de les convertir pour l’agriculture et l’élevage. Même des organisations telles que l’UICN et le WWF ont reconnu que, sous des conditions strictes, la chasse réglementée peut favoriser les mesures de conservation, les moyens de subsistance locaux et la protection des habitats. 

La question ne devrait pas être « la chasse vous met-elle mal à l’aise ? » mais « la chasse permet-elle de mieux conserver la faune sauvage, de mieux préserver les habitats naturels et donc de garantir une meilleure gestion de la cohabitation ? »

Car l’alternative n’est pas un film de Disney.

L’alternative, c’est souvent le braconnage, l’empoisonnement, la destruction des habitats, l’expansion de l’élevage, la corruption, et le fait que les populations locales se voient imposer par des occidentaux déconnectés du réel l’obligation de supporter les coûts liés à la faune sauvage sans en retirer le moindre bénéfice.

Cela vaut aussi pour les loups en Europe. Quand une gestion est autorisée, cela ne se passe pas trop mal pour eux. Quand la protection est totale comme en Italie, les loups sont empoisonnés. La gestion permet d’atténuer les conflits hommes/animaux et donc de mieux préserver l’espèce. Pourquoi aucun journaliste ne se penche sérieusement sur la question au lieu de se contenter de s’offusquer. Le journaliste est payé pour rapporter et analyser, pas pour nous faire part de ses sentiments ou pour surfer sur l’émotion.

Les chasseurs comprennent ce que les personnes seulement agitées par l’émotion ne comprennent pas : la conservation ne se résume pas à aimer les animaux. Il s’agit de les gérer. Il s’agit de l’habitat. Il s’agit de compensations. Il s’agit de nourriture, d’argent, d’utilisation des terres, d’équilibre démographique et de prendre en compte la vie des gens qui sont réellement au contact de ces animaux au quotidien.

Vous n’êtes pas obligé d’apprécier la chasse au trophée. Vous n’êtes pas obligé de vouloir la pratiquer vous-même. Mais si votre solution consiste à interdire la chasse légale sans compenser les pertes en termes de financement, de valeur foncière, de lutte contre le braconnage, d’emplois et d’adhésion locale, alors vous ne résolvez pas le problème. Vous ne faites que vous donner l’impression d’être moralement supérieur. Vous vous contentez de flatter votre ego.

La véritable conservation doit se faire sur le terrain.

Et sur le terrain, ce sont les chasseurs qui financent la protection des biotopes, qui mettent en oeuvre une gestion pragmatique de la faune sauvage et qui, au final, obtiennent plus de succès en matière de conservation que la plupart des gens qui les critiquent.


Sur ce sujet lire :


En savoir plus sur Chroniques cynégétiques

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.