La commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public aura eu, entre autres, le mérite de mettre Winter Productions, la société de Hugo Clément sous le feu des projecteurs. Ses bénéfices ont été multipliés par 7 en 3 ans pour atteindre 17,7 millions d’euros, dont une majorité grâce à des commandes du service public de l’audiovisuel. Merci France télé ! Et merci au contribuable ! Comment peut-il encore jouer au lanceur d’alerte désintéressé et, en même temps, ne vivre que grâce à la commande publique ?
Interrogé, à propos de ces contrats, pendant la commission d’enquête, le « journaliste » a répondu : « France Télévisions décide de faire appel à nous en tant que production et en tant qu’incarnation. C’est une prestation qui leur est facturée, c’est leur choix. Notre objectif en tant qu’entreprise privée, c’est d’arriver à croître pour embaucher des gens, pour investir et pour gagner de l’argent. »
Vous remarquerez que Hugo Clément se voit comme une incarnation. Le mot vient du latin incarnatio, action de prendre un corps et a maintenant plusieurs significations ; soit action pour une divinité de prendre une forme humaine ou animale, soit manifestation extérieure, visible, d’une notion abstraite. L’égo sur-dimensionné de Clément se confirme !
Winter Productions, qu’il a co-fondée avec son associé Régis Lamanna-Rodat en 2019, se porte plutôt bien. Entre 2021 et 2024, son chiffre d’affaires a été multiplié par sept et atteint 17,7 millions d’euros. En parallèle les profits ont doublé et la marge est de 4% en 2024. Cela permet aux deux associés de se verser de juteux dividendes ; au cours des trois dernières années, ils se sont partagés 1,7 million d’euros et la jolie somme de 768 000 euros en 2025.
Gagner de l’argent avec une société n’est pas interdit et encore moins condamnable. Par contre, le fait que cette manne soit presque uniquement isue de la télévision publique pose un problème. En effet, les bénéfices de Winter productions proviennent des commandes des nombreuses émissions produites par Clément. Cela commence en 2019 avec Sur le front, cela se poursuit en 2022 avec Quelle époque co-produit avec la société de Léa Salamé puis en 2025, avec La Grande Galerie francophone, une émission hebdomadaire sur TV5 Monde. Ajoutons à cela des émissions spéciales comme Urgence océans l’année dernière et bientôt Opération patrimoine avec Stéphane Bern.
Comme ces émissions sont en permanence à charge contre les acteurs productifs de notre pays (sylviculteurs, agriculteurs, pêcheurs, industriels…), on peut se demander quel est l’intérêt de l’État de financer avec nos impôts cette propagande décroissante qui va à l’encontre du développement économique de notre pays. Probablement le « en même temps » si cher à notre président. D’un côté je prône la ré-industrialisation, la compétitivité, de l’autre je confie le télévision publique aux militants de la décroissance. Rappelons que le directeur des antennes et des programmes de France TV est Stéphane Sitbon-Gomez, ancien cadre dirigeant des Verts.
Une écologie à géométrie variable
La commission d’enquête aura aussi permis de constater que l’écologie de Hugo Clément est à géométrie variable. Rappelez-vous qu’en 2022, le donneur de leçons avait déclaré, lors d’une interview pour le magazine Elle, qu’il avait arrêté de prendre l’avion. Il faut sauver la planète…
Hugo Clément et Alexandra Rosenfeld nous donnent leurs conseils pour la planète !
Or, sa société Winter Productions a facturé à France Télévisions près de 100 000 € de billets d’avion, dont 20 000 € pour des vols intérieurs. Ces fameux vols intérieurs que tous nos amis écolo veulent supprimer car ils peuvent être remplacés par le train. La facture taxi est impressionnante aussi : une explosion de 1 200 % du budget initial validé, c’est à dire treize fois la somme prévue, tout ceci justifiée par des « contraintes logistiques de tournage ». Les transports en commun, c’est pour les autres. Faite ce que je dis, pas ce que je fais. Un commentateur sur X disait fort justement : « Faire fortune sur fonds publics en prêchant la frugalité, tout en brûlant du kérosène aux frais du contribuable : la crédibilité du lanceur d’alerte écologique en prend un sérieux coup. »
Un montage astucieux pour capter des aides
Hugo Clement, c’est aussi le média Vakita pour lequel il est en permanence en train de faire la manche car celui-ci ne gagne pas d’argent. Évidemment puisqu’il n’est financé que par les auditeurs. Ici, pas de commande des copains du service public, Vakita est confronté à la dure loi du marché et ne fait pas recette.
Pourtant Vakita est né sous de bons auspices. Quelques richissimes fées se sont penchées avec bienveillance sur le berceau du média nouveau-né. On trouve parmi eux le milliardaire gauchiste Mathieu Pigasse, une holding de François Pinault et sans surprise Xavier Niel, Marc Simonicini et Jacques-Antoine Granjon qui avaient déjà soutenu et financé Clément lors du lancement du RIP animaux de 2020.

Et c’est là que l’on voit toute la duplicité du personnage. En effet, Clément a séparé Winter productions (bénéficiaire) et Vakita (déficitaire) dans deux 2 holdings distinctes. Si les deux étaient associés, l’ensemble serait bénéficiaire mais le fait de les distinguer permet de faire apparaître le déficit de Vakita pour lequel on peut demander des aides et des dons auprès d’un public qui fait confiance à la figure fondatrice du média.
Ce type de montage pose la question importante de la transparence et de la réelle viabilité des médias : les aides à la presse sont-elles vraiment utilisées pour soutenir le journalisme ?
Un média indépendant. Vraiment ?
Il faut aussi relativiser la fameuse « indépendance » dont se vante tant Hugo Clément. Il n’y a en a en réalité aucune ; il dépend totalement des commandes du service public et de ses investisseurs milliardaires. Comment peut-il se présenter comme un contre-pouvoir face aux intérêts économiques qu’il juge « dominants » et être aussi dépendant de l’argent public et de gros investisseurs privés. Ces derniers veulent un retour sur investissement et si ce n’est pas en dividendes, ce peut être en influence et en lobbying.
N’est-ce pas Xavier Niel qui avait lancé Hectar, une école d’agriculture 2.0 au moment même où Emmanuel Macron venait de proposer un plan de 2 milliards d’euros pour soutenir l’agriculture high-tech ? A sa création, Hectar avait été accusée par certains syndicats agricoles de chercher à mettre la main sur du foncier agricole pour mettre en place des exploitations à production uniquement végétale pour appuyer les alternatives à la viande. D’ailleurs, n’est-ce pas encore Xavier Niel qui est à la tête du fond d’investissement Kima Ventures, qui finance des entreprises fabriquant des alternatives à la viande ?
Simoncini, Niel et Granjon ont beaucoup investi dans des entreprises proposant des solutions alimentaires alternatives (agri tech, food tech) que ce soit la culture de viande en laboratoire, les alternatives à base de protéines végétales ou les recettes à base d’insectes. Ces investissements n’ont pas rencontré le succès escompté mais quoi de mieux que de pouvoir compter sur un relais médiatique pour les relancer ? Les critiques de Hugo Clément contre l’élevage, les piscicultures et l’agriculture traditionnelle ne seraient-elles qu’un renvoi d’ascenceur à des généreus investisseurs ?
A quand une émission de France TV pour éclaircir ce sujet ?
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