La réforme de la loi sur la chasse en Italie (DDL 1552) est en cours. Le Sénat l’a approuvée le 23 juin 2026 par 80 voix contre 56. Le texte va maintenant passer à la Chambre des députés pour l’examen final. Il modifie profondément la loi 157/1992 dite de protection de la faune sauvage et de prélèvement cynégétique.
Cette réforme n’est pas qu’une simple adaptation technique, c’est un changement fondamental dans la définition de l’acte de chasse et de sa légitimation. Avant cette loi, la base juridique de toute action sur la nature et la faune était la protection stricte, la chasse étant considérée comme une exception à cette règle. Après cette réforme, la chasse devient une « activité utile à la conservation et à la protection de la biodiversité et des écosystèmes ». Les chasseurs sont qualifiés de « biorégulateurs » du territoire. Le titre de la loi change pour inclure explicitement la « gestion » de la faune. C’est un changement complet d’approche philosophique et sociétale ; le législateur reconnait que la nature ne se régule pas toute seule et que l’homme doit parfois s’en charger.

Giorgia Meloni et son ministre de l’agriculture Francesco Lollobrigida ont activement défendu cette réforme qu’ils jugent indispensable du fait de la diminution du nombre de chasseurs, de l’augmentation des dégâts agricoles et de la nécessaire gestion des espèces invasives. Les partis de droite ont voté pour, les partis de gauche contre. Nous retrouvons en Italie les mêmes lignes de fracture qu’en France au sujet de la chasse.
Il convient de noter que la Commission européenne a exprimé de vives inquiétudes, estimant que cette réforme pourrait entraîner une violation de la Directive Oiseaux et Habitats. Nous verrons comment le gouvernement de Meloni réussit à traiter les « vives inquiétudes » de la Commission, cela pourrait donner des idées au gouvernement français qui nous répète en permanence qu’il a les pieds et poings liés à cause de la réglementation européenne…
Un point important de cette loi est qu’elle reconnait les entraves à la chasse et les sanctionne, ce qui n’était pas le cas auparavant.
Les principaux changements
Périodes de chasse : allongement possible des saisons. Les régions gagnent plus de flexibilité ; la chasse peut s’étendre après le 10 février pour certaines espèces et même après le coucher du soleil (avec dispositifs de vision nocturne autorisés pour les ongulés).
Espèces chassables : Augmentation du nombre d’espèces chassables. Le loup disparaît de la liste des espèces strictement protégées (ouvrant la voie à des plans de régulation). Possibilité d’ajouter d’autres espèces (ex. : oie sauvage, pigeon de ville). Le bouquetin que l’on avait un moment envisagé d’ajouter aux espèces chassables en a finalement été retiré après une grosse campagne de lobbying des organisations environnementales.
Zones chassables : Élargissement des territoires (possibilité d’inclure certaines zones protégées ou parcs selon les régions). Ouverture aux zones maritimes domaniales ( ce que l’on appelle en France le domaine public maritime), lacs de montagne. Moins de restrictions sur les postes de tir et les terrains privés.
Accessoires et modes de chasse : Utilisation illimitée des appelants (richiami vivi), qu’ils soient issus de captures ou élevés. Autorisation des dispositifs de vision nocturne et silencieux. Possibilité pour les étrangers de chasser avec licence sur terrains privés. Assouplissement de la législation pour la création de sociétés de chasse privées.
Sanctions : Renforcement des peines contre le braconnage et aussi contre les actes d’entrave à la chasse.
Rôle de l’ISPRA : son avis devient consultatif (et non plus contraignant). Un comité technique mixte (chasseurs et environnementalistes) le remplace en partie.
L’ISPRA est l’Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale (Institut Supérieur pour la Protection et la Recherche Environnementale). Il dépend du Ministère de l’Environnement et de la Sécurité Énergétique. Dans le domaine de la chasse, l’ISPRA fournissait auparavant des avis souvent contraignants sur les espèces chassables et les périodes de chasse. C’est ce rôle qui est affaibli par la réforme DDL 1552 (l’avis devient seulement consultatif).
| Thèmes | Avant | Après |
| Avis ISPRA | Souvent contraignant | Devient consultatif |
| Appelants | Nombre limité | Illimité mais doivent être identifiés |
| Chasse de nuit/ Vision nocturne | Interdite | Autorisée pour les ongulés |
| Zones de chasse | Restrictions fortes (parcs, zones marines) | Élargissement possible (domaine maritime, zones protégées via régions) |
| Étrangers & entreprises privées | Très encadré | Facilitation (chasse sur terrains privés avec licence) |
La réforme en détail
1. Durée de la saison
Avant (loi 157/1992) : ouverture à partir du 3e dimanche de septembre. Clôture au plus tard le 31 janvier (dérogation possible jusqu’au 10 février pour certaines espèces).
Après la réforme :
- Les régions ont beaucoup plus de flexibilité.
- Possibilité d’allonger la saison au-delà du 10 février.
- Les calendriers peuvent s’adapter aux besoins de gestion (contrôle des espèces invasives ou dégâts agricoles).
2. Jours de chasse
Avant : maximum 3 jours par semaine, avec mardi et vendredi obligatoirement comme jours sans chasse au niveau national.
Après la réforme :
- Les régions peuvent augmenter le nombre de jours de chasse hebdomadaires.
- Le principe des jours sans chasse est maintenu (mardi et vendredi) mais les régions ont plus de marge pour adapter ou réduire son impact.
- Possibilité de chasser après le coucher du soleil avec dispositifs de vision nocturne autorisés pour les ongulés.
3. Périodes de chasse par espèces
Avant : périodes nationales très précises par types d’espèces, avec protection stricte pendant les périodes de nidification/reproduction.
Après la réforme :
- Les régions ont plus de liberté pour définir les périodes dans leurs calendriers.
- Augmentation du nombre d’espèces chassables (oie sauvage par exemple) ; le loup n’est plus listé comme strictement protégé.
- Possibilité d’ouvrir la chasse pendant des périodes auparavant interdites si cela est justifié par des « plans de gestion ».
4. Sanctions pour entrave à la chasse
Avant : il n’existait pas de sanction administrative ou pénale spécifique pour le fait d’entraver ou de gêner l’exercice légal de la chasse. Seules des infractions plus graves (violences, menaces, dommages matériels) pouvaient tomber sous des qualifications pénales classiques.
Après la réforme :
La loi introduit des sanctions visant explicitement l’entrave à la chasse et aux activités de contrôle de la faune.
- Sanction administrative : amende de 150 € à 900 € pour quiconque empêche, entrave ou ralentit l’activité de chasse ou les opérations de régulation prévues par les plans régionaux ou nationaux.
- Cette sanction s’applique même en cas d’actions non violentes (manifestations, blocages, perturbations qui ralentissent les chasseurs).
- En cas de circonstances aggravantes (violence, menaces, armes, ou dans une zone protégée), les peines peuvent être plus lourdes.
Cette mesure a bien entendu été une des plus contestées par les associations environnementales et les partis de gauche qui y voient une restriction du droit de manifester ou de protester pacifiquement contre la chasse. Un certain Pierre Rigaux ne verrait pas une telle réforme d’un bon oeil si elle était adoptée en France.
Le plus important à retenir est que la loi passe d’une logique de « protection avec exceptions » à une logique de « gestion active » où les chasseurs sont considérés comme des acteurs de cette gestion.
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nous saurons pour qui voter aux présidentielles!!!!!
Hélas, Meloni ne se présente pas en France
Bien ! Eux c’est le ministère de l’agriculture qui gère la chasse en accord avec l’agriculture. Ce n’est pas comme chez nous où ce sont les « antis tout » qui gèrent la chasse !