Mon article récent à propos des déclarations de Willy Schraen sur Sud Radio a fait longuement réagir un des administrateur de la FDC du Pas de Calais (dirigée par notre président national). J’ai repris ses points essentiels et y réponds ici.
Votre position d’administrateur à la FDC du Pas de Calais dirigée par Willy Schraen pouvait laisser planer un doute quant à votre objectivité. La lecture de votre commentaire dissipe ce doute.
Vous soutenez bec et ongle votre président de FDC, ce qui est louable et montre votre loyauté à son égard. Mais la loyauté pour être réellement constructive doit aussi faire preuve de lucidité, ce qui n’est pas votre cas.
Quant à votre votre défense du bilan du macronisme, elle est soit la preuve d’un aveuglement et d’une totale incompréhension de ce qu’est devenue la France au bout de neuf ans de pouvoir d’un président qui aura sans doute été le pire de notre histoire, je me ferai alors un plaisir de vous ouvrir les yeux, soit d’un parti-pris assumé, dans ce cas nos positions idéologiques sont définitivement irréconciliables.
Macron et la chasse
Vous commencez votre long commentaire par l’habituel argument repris pas tous ceux qui veulent encenser Macron. « Sous Macron, Schraen a obtenu la division par deux du prix du permis de chasser national (passant de 400 à 200 euros) et la gestion de proximité des espèces. » Cet argulment est d’ailleurs aussi utilisé par nos détracteurs pour accuser Macron d’une trop grande proxilité avec les chasseurs.
Gestion de proximité des espèces.
C’est intéressant mais il faut relativiser cet acquis que la FNC présente comme l’une des principales contreparties obtenues lors des accords conclus avec le gouvernement entre 2018 et 2019. Dans un premier temps, il faut être précis. Nous n’avons pas obtenu la gestion proximité des espèces mais celle des populations de gibier uniquement.
Par quoi ce la se traduit-il exactement ?
– davantage de responsabilités dans le suivi des populations ;
– une participation accrue aux politiques de biodiversité locales ;
– une implication dans la restauration des habitats et les continuités écologiques, financée notamment par des fonds dédiés.
C’est en fait surtout un transfert de charges et des nouvelles missions pour les FDC qui les éloignent parfois de leur coeur de métier et qui obère des budgets qui pourraient être utilisés ailleurs, la relance du petit gibier, par exemple.
En revanche :
- Les chasseurs ne décident pas seuls des espèces chassables ou des quotas ;
- les décisions réglementaires restent prises par le préfet ou le ministre selon les cas ;
- l’Office français de la biodiversité conserve ses missions de police, d’expertise scientifique et d’appui technique ;
- les arbitrages doivent respecter le droit français et les directives européennes sur la protection de la faune.
Est-ce vraiment une avancée remarquable ?
Coût de la validation nationale divisé par deux :
Il est important de noter qu’au moment où Macron a décidé de diviser par deux le prix de la validation nationale (2018-2019), cette validation ne concernait qu’environ 10 à 15 % des chasseurs. On estime qu’aujourd’hui les validations nationales représentent 30% des chasseurs. Je dis, on estime, car la FNC ne publie aucun chiffre à ce sujet. Certes, les validations sont gérées département par département mais les données remontent au niveau national. Pourquoi n’y a-t-il pas de publications de ces chiffres ?
Par contre :
– cette réforme a supprimé les validations bi-départementales et a pratiquement supprimé les possibilités de chasser sur territoires limitrophes.
– le prix de la validation départementale a augmenté car il fallait que les FDC compensent les baisses de recettes dues à l’augmentation du nombre de validations nationales.
Certains pourraient dire que cette réforme a surtout bénéficié aux chasseurs aisés et que la chasse populaire a été sacrifiée.
La proximité avec le président de la République annoncée comme un exemple de collaboration constructive avec aussi été l’occasion pour les chasseurs d’avaler un bon nombre de couleuvres.
- Création de l’OFB qui s’avère être une catastrophe.
- Nomination des pires ministres de tutelle qui soient, tous plus antichasse les uns que les autres. Nicolas Hulot dont on connait la détestation pour la chasse, Brune Poirson qui soutient publiquement Pierre Rigaux, Barbara Pompili qui vouait une franche détestation à Willy Schraen depuis l’inauguration d’une maison de la chasse restée dans les annales et qui a tout fait pour détruire les chasses traditionnelles, Agnès Pannier-Runacher qui a cherché à tuer la chasse des migrateurs pour terminer par Monique Barbut, ancienne du WWF, militante anti-nucléaire et maintenant activiste anti-climatisation. Qui a choisi ces ministres ?
- Aucune avancée sur le dossier des dégâts grand gibier. La FNC a tenté de nombreuses fois de faire modifier la législation actuelle mais s’est, à chaque fois, heurtée à un mur.
Si on met les POUR et les CONTRE dans la balance, il n’est pas sûr que celle-ci penche en notre faveur… La politique du « en même temps » si chère à notre président en bout de course s’est avérée être plus nuisible que profitable à la chasse. Neuf ans de collaboration avec le président de la République pour n’obtenir que cela, le bilan est maigre, il faut l’avouer. D’autant que ces deux mesures ne sont pas aussi positives que certains peuvent le prétendre et que ces deux « acquis » datent de 2018. Qu’a-t-on obtenu depuis ?
« Ce n’est pas la faute de Macron mais celle du Conseil d’État et de l’UE. »
Un peu plus loin, vous pointez du doigt la responsabilité du Conseil d’État et de l’UE dans la disparition des chasses traditionnelles. Habile tentative de dédouaner les gouvernements successifs qui n’ont pas fait ce qu’il fallait pour les défendre.
« Aucun gouvernement qu’il soit de droite ou de gauche, n’aurait pu s’opposer indéfiniment à ces décisions de justice sans exposer la France à de lourdes sanctions financières. » C’est FAUX.
Vous dites aussi « Accuser Macron (ou Schraen) de cela relève de la méconnaissance des institutions. » Il ne faut pas être docteur en droit européen pour savoir qu’il était possible de s’opposer avec succès à certaines dispositions restrictives de l’UE et du Conseil d’État. Des possibilités exsitent, elles n’ont pas été utilisées.
La responsabilité du Conseil d’État
Que fait cette juridiction dans les dossiers qui nous concernent ? Elle contrôle la légalité des décisions administratives (arrêtés ministériels, préfectoraux) ; elle vérifie la compatibilité avec le droit français et européen (notamment directives “Oiseaux” et “Habitats”) et elle s’appuie pour cela sur les données scientifiques disponibles. Dans plusieurs affaires (chasses traditionnelles, espèces migratrices, etc.), le Conseil d’État a effectivement relevé :
- des incertitudes scientifiques ;
- des données jugées insuffisantes ou contestées ;
- ou une mauvaise évaluation de l’état de conservation des espèces.
Mais la conséquence juridique est toujours la même, en cas de doute sur la protection des espèces, le juge applique le principe de précaution et le droit européen. En voici un exemple :
Chasse à la glu, arrêt du 28 juin 2021, le Conseil d’État :
- Estime que l’État et la FNC n’ont pas démontré que la méthode respecte les conditions du droit européen ;
- Considère qu’il n’y pas de preuve que les captures d’oiseaux non ciblés restent en “petite quantité” ;
- Estime qu’il n’y a pas de preuve que les oiseaux capturés accidentellement ne subissent pas de dommages significatifs ;
- Qu’il n’y a pas de démonstration qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante.
Cette juridiction estime donc que les données fournies par le ministère et la FNC ne sont pas suffisantes.
Comment se fait-il que l’on manque de données scientifiques à propos des espèces concernées par les chasses traditionnelles alors qu’elles sont pratiquées depuis des siècles et que l’on savait qu’elles étaient dans le collimateur des anti-chasse ? Pourquoi les données de l’IMPCF n’étaient-elles pas utilisées pour défendre la glu ? On peut d’ailleurs se demander pourquoi cet institut a été condamné à mort faute de financement.
La responsabilité de l’Union européenne.
Selon vous « aucun gouvernement qu’il soit de droite ou de gauche, n’aurait pu s’opposer indéfiniment à ces décisions de justice sans exposer la France à de lourdes sanctions financières. »
C’est faux, il suffit d’avoir la volonté de se battre au niveau européen. Certains pays le font avec succès. Malheureusement, tous les ministres de tutelle de la chasse nommés par Macron étaient opposés à la chasse en général et aux chasses traditionnelles en particulier ; ils n’ont donc volontairement pas défendu ces dossiers. La responsabilité n’en n’incombe pas à l’UE ni au président Schraen mais à la personne qui nomme les ministres.
Vous oubliez aussi de dire que la directive Oiseaux et habitats peut faire l’objet de dérogations. Celles-ci sont de deux types.
1. Les dérogations prévues par les directives elles-mêmes, dont tous les États membres peuvent bénéficier sous certaines conditions. Tous les États membres peuvent accorder des dérogations
La Directive Oiseaux 2009/147/CE (article 9) et la Directive Habitats 92/43/CEE (article 16) autorisent chaque État membre à déroger aux règles de protection lorsqu’un certain nombre de conditions cumulatives sont réunies :
- absence d’autre solution satisfaisante ;
- existence d’un motif prévu par la directive (sécurité publique, prévention de dommages importants aux cultures, à l’élevage, aux forêts, à la pêche, protection de la faune, recherche scientifique…) ;
- maintien de l’état de conservation favorable des espèces concernées (pour la directive Habitats).
- à titre d’exemple, l’Espagne et l’Italie utilisent fréquemment les dérogations pour la gestion de certaines espèces d’oiseaux.
Les chasses traditionnelles remplissent outes les conditions pour pouvoir faire l’objet de ces dérogations mais :
- les études scientifiques pouvant légitimer ces dérogations n’ont pas été faites, ou trop tard et trop partiellement.
- nos ministres de tutelle (choisis par le président de le République) n’ont jamais voulu défendre ces chasses Le cas de Barbara Pompili, nommée par Macron, pour le cas de la capture à la glu est révélateur de cette mauvaise volonté.
La FNC, elle-même, le faisait remarquer, dans un communiqué du 29 juin 2021 : « Dès le lendemain de sa nomination, la ministre a fait le nécessaire pour que son administration ne réponde pas clairement à la plus haute juridiction administrative du pays.«
La FNC ajoute que le gouvernement n’a pas fourni les preuves demandées sur le caractère sélectif de cette chasse et en conclut que Barbara Pompili aurait laissé le dossier sans défense.
De même, dans un communiqué publié après l’arrêt de la CJUE, la FNC reprochait déjà à Barbara Pompili d’avoir « retenu son stylo » en refusant de signer l’arrêté annuel autorisant cette chasse et demandait au Conseil d’État d’ordonner une enquête de terrain sur son caractère sélectif.
C’est bien un ministre nommé par Macron qui a sciemment décidé de détruire ce patrimoine cynégétique.
2. Les dérogations dues aux régimes particuliers. Pourquoi omettez-vous de dire que certains pays disposent de régimes particuliers qui leur assurent des exemptions permanentes ou spécifiques ? Et pourquoi la France n’a-t-elle pas demandé à bénéficier des ce type de dérogation ? Encore une fois,
Par exemple :
- Malte a obtenu des dispositions particulières concernant certaines espèces pouvant être chassées figurant dans les annexes de la directive.
- La Finlande et la Suède utilisent régulièrement les dérogations de l’article 16 de la directive Habitats pour la gestion du loup, de l’ours ou du lynx.
- Lors des élargissements de l’Union, certains nouveaux États ont obtenu des adaptations des annexes (espèces pouvant être chassées, listes d’espèces protégées), afin de tenir compte de leur biodiversité nationale. Ces adaptations ne constituent pas des exemptions générales à la directive mais des ajustements prévus par le droit européen.
Macron et la ruralité.
Encore plus loin dans votre commentaire, vous prétendez que les gouvernements Macron ont beaucoup fait pour la ruralité et donnez comme exemple le fait que « le gouvernement Macron a mis en place des plans concrets comme Agenda Rural ou le soutien aux secrétaires de mairie.«
Impressionnant ! En deux mandats présidentiels, la ruralité aura donc bénéficié de deux mesurettes non budgétées, sans effets concrets, dont l’une a été jugée « peu lisible » au point qu’il faille redéfinir ses missions et dont l’autre fait peser une charge financière trop lourde sur les petites communes rurales.
Si vous admettez vous-même que 10 ans de mandat n’ont conduit qu’à cela, que puis-je ajouter ? Je pourrais être charitable et m’arrêter là mais je ne le suis pas. Je vais donc analyser ces deux mesurettes.
Soutien aux secrétaires de mairie.
Ce plan de soutien est caractéristique des mesures gouvernementales depuis 2017. Annonce à grand renfort de communication et, si on analyse les détails, on s’aperçoit qu’il n’y a rien de concret et bien au contraire, ce plan fait peser une charge financière nouvelle sur les communes rurales. Comment oser annoncer un « plan de soutien » sans lui dédier un budget spécifique ? En analysant le plan, on s’aperçoit que le financement :
- est intégré dans la fonction publique territoriale ;
- à la charge des les collectivités locales (salaires) ;
- et que l’État ne soutient que par des mesures d’ingénierie et de formation. Il n’a donc pas mis la main à la poche.
D’ailleurs, les résultats sont limités et le bilan est le suivant :
- manque de candidats en particulier en zones rurales (tiens donc…)
- forte dépendance à la capacité financière des petites communes rurales. En clair, le passage de la catégorie C à la catégorie B de la fonction publique est une charge trop lourde pour beaucoup de petites communes.
- et bien entendu, il est handicapé par notre administration qui a réussi à rendre complexe sa mise en œuvre (formation, quotas, ancienneté…).
Agenda rural.
C’était une feuille de route gouvernementale lancée en septembre 2019 par Édouard Philippe, à la suite des travaux d’une mission sur les ruralités. Son objectif était d’améliorer les conditions de vie dans les territoires ruraux et de mieux adapter les politiques publiques à leurs besoins.
Résultat : en 2023, une mission d’évaluation a estimé qu’Agenda rural manquait de lisibilité et qu’il fallait redéfinir ses missions. Bel échec !
Ce plan ne bénéficiait d’ailleurs d’aucun budget spécifique sanctuarisé dans le budget de l’État avec une ligne unique clairement identifiée. Le gouvernement a annoncé à grand renfort de communication un “réarmement de l’action publique dans les territoires ruraux” (que c’est ronflant !) de 8,4 milliards d’euros mobilisés sur plusieurs années mais il s’agit en fait d’un ensemble de politiques publiques déjà existantes.
A titre de comparaison, depuis 2017, les “plans banlieues” représentent environ 18 à 25 milliards d’euros engagés par l’État et ses opérateurs et jusqu’à 50 milliards d’euros d’investissements totaux induits si on inclut collectivités et bailleurs. Ces chiffres permettent de distinguer très clairement où sont les priorités des gouvernements Macron.
La défense du projet universaliste du macronisme.
Je fais selon vous « Le procès d’intention et la caricature d’Emmanuel Macron. » Ce n’est pas un procès d’intention, cela voudrait dire que je juge avant d’avoir constaté les résultats. C’est une analyse détaillée de ses déclarations de candidat et de son action de président qui sont d’ailleurs en totale corrélation. Tout était annoncé ! Jamais aucun président français n’aura autant porté atteinte au prestige de notre pays et à sa santé économique que Macron. Nous ne sommes plus rien sur la scène internationale, notre pays est livré au narco-trafic et aux bandes tribales issues d’une immigration légale et illégale hors de contrôle, nos services publics sont dignes de ceux d’un pays du tiers-monde alors que jamais les prélèvements (impôts et taxes) n’ont été aussi élevés.
Vous écrivez aussi ‘le choix de Macron pouvait sembler être le plus stable pour l’économie et les institutions.‘ Il fallait être particulièrement naïf pour le croire en 2017 et complètement aveugle en 2022. N’oublions pas que Macron était issu d’un gouvernement de François Hollande et que rien dans son parcours ne laissait supposer des compétences particulières pour devenir président. Il faut aussi se rappeler que sa première élection fut un véritable hold-up juridico-médiatique à l’encontre du candidat Fillon.
L’état de notre économie et de nos institutions après deux mandats est édifiant. Plus aucune institution de l’État ne fonctionne comme elle le devrait et l’économie française est la pire de l’UE avec un déficit à plus de 6% qui fait peser un risque de mise sous tutelle comme l’avait subi la Grèce il y a quelques années. La Pologne, ancien pays communiste est en train de nous rattraper en ce qui concerne le PIB par habitant. A ce rythme, elle nous aura dépassé dans 5 ans.
Visiblement, le « Mozart de la finance » s’est trompé de partition…
Les chiffres sont sans appel. Dès 30 mois après l’élection de 2017, la France est devenue le premier pays de l’OCDE pour le poids des impôts. Les dépenses publiques ne cessent d’augmenter (57,2 % en 2025, selon l’INSEE), La dette publique a atteint 112 % du PIB. À l’exception de la Finlande, la France est désormais le seul pays européen à présenter un budget en déficit primaire, c’est-à-dire hors dette. La balance commerciale ne s’améliore pas non plus. En 2017, le déficit était de 58 milliards, il est de 80 milliards en 2024. A titre de comparaison, l’Italie est en excédent de 54 milliards.
La France continue de se désindustrialiser et même le secteur agricole, pourtant traditionnellement excédentaire, voit son excédent fortement diminuer.
Le taux de pauvreté était de 13% en 2017, il est de 15% aujourd’hui. Cela correspond à 9,1 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté en France. D’ailleurs, l’indice de Gini, qui mesure les inégalités, a connu sa plus forte progression depuis 2010.
Parallèlement, l’immigration légale et illégale n’a jamais été aussi forte. La France est devenue en 2019 le premier pays pour l’accueil des « demandeurs d’asile » ! L’insécurité explose partout en France. Certains disent que les deux phénomènes sont liés…
Défense de l’universalisme
Lorsque je cite des déclarations de Macron de 20171, vous prétendez que « j’essentialise Macron » et vous dites qu’il porte une « Approche universaliste (la France comme carrefour des cultures), pas une volonté de destruction. »
Tout d’abord, commençons par une définition du verbe essentialiser. En sociologie et dans le débat public, cela signifie attribuer une “nature” fixe à un groupe ou à une réalité, en simplifiant abusivement sa diversité, c’est réduire un groupe à une nature supposée unique et permanente. Ce verbe s’applique donc plutôt à des groupes qu’à un individu seul. Si on approfondit un peu et que l’on se plonge dans sa racine philosophique, c’est considérer une chose en la rapportant à son essence, c’est-à-dire à ce qui serait sa nature fondamentale et permanente.
Ces déclarations ne sont pas anecdotiques, elle sont même le signe d’une vision destructrice de ce qui fait depuis toujours la spécificité de notre pays. La nature fondamentale et permanente de Macron est bien révélée par ses déclarations de 2017. Toute son action politique montre qu’il nie le caractère particulier et spécifique du peuple français, de son histoire, de la civilisation qu’il a créé et du destin qui est le sien et qu’un président devrait défendre. Voici, à l’inverse, ce qui devrait guider un président digne de ce nom :
« Le vrai politique est un artiste, un bâtisseur de projets, un sculpteur de l’Histoire. Il répond d’abord à la question : qui fait partie de mon peuple et quelles sont ses valeurs ? Puis à celle-ci : quels sont ses ennemis et comment les combattre et les vaincre ? Et en troisième lieu : quel destin choisir pour acquérir la puissance et la pérennité dans l’Histoire ? » Guillaume Faye2
Comment peut-on se prétendre défenseur des traditions, du terroir, des patrimoines régionaux, de l’identité d’un peuple et soutenir celui qui porte une vision universaliste ? Que serait la chasse en France sans son héritage historique, sans les siècles qui nous ont façonné, sans l’existence d’une communauté et surtout la forte conscience d’y appartenir ?
L’universalisme a pour conséquence inévitable la dilution de la culture et de l’identité des peuples. Tous les philosophes le disent, soit pour s’en féliciter soit pour s’en désoler selon leurs orientations. L’universalisme ne conduit qu’à ignorer les identités culturelles, sociales et historiques, à traiter des situations différentes comme identiques et à appliquer une même norme à des contextes très différents. C’est aussi au nom de l’universalisme que certains ont cherché à imposer un modèle dominant, en l’occurence le modèle occidental ; ce que nous reprochent bien des pays dans le monde.
L’universalisme est comme le lierre parasite sur le chêne, il se nourrit des identités spécifiques, mais signe son arrêt de mort en les détruisant puisqu’il ne pourra plus s’appuyer sur rien quand toutes auront disparu.
Défendre l’universalisme aujourd’hui, c’est être à contre-courant de la marche du monde et de l’intérêt de notre peuple. Cette idéologie issue de la philosophie des Lumières a fait son temps ; il faut être bien passéiste pour encore la défendre. L’histoire nous apprend que l’individu est d’abord défini par son appartenance à une communauté organique,culturelle, religieuse et historique.
La philosophe Simone Weil le dit bien mieux que je ne le dirai jamais : « L’enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine. C’est un des plus difficiles à définir. Un être humain a une racine par sa participation réelle, active et naturelle à l’existence d’une collectivité qui conserve vivants certains trésors du passé et certains pressentiments d’avenir. […] Les échanges d’influences entre milieux très différents ne sont pas moins indispensables que l’enracinement dans l’entourage naturel. Mais un milieu déterminé doit recevoir une influence extérieure non pas comme un apport, mais comme un stimulant qui rende sa vie propre plus intense. Il ne doit se nourrir des apports extérieurs qu’après les avoir digérés, et les individus qui le composent ne doivent les recevoir qu’à travers lui. »
Seule une politique protégeant notre identité permettra de sauvegarder notre héritage et d’en faire les fondations d’un futur porteur de vrai progrès pour nous. Une politique identitaire, c’est une politique qui permet de développer une vie en harmonie avec soi-même, avec la nature et les valeurs ancestrales, une vie qui vaut donc la peine d’être transmise.
Cette longue réponse à votre réponse ne fait que pointer le réel du doigt. Je citerai encore la philosophe Simone Weil qui écrivait dans La Pesanteur et la Grâce, « Un critérium du réel, c’est que c’est dur et rugueux.«
- « Je ne connais pas d’art français. Il y a des artistes français dans une histoire de l’art universelle. L’art français, je ne l’ai jamais vu.» Emmanuel Macron Lyon 2017
« Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France. » ↩︎ - L’Archéofuturisme. Techno-science et retour aux valeurs ancestrales. Éditions L’Æncre, ↩︎
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Belle rigueur d’analyse. Excellent.
Merci pour cet article.
NB : vous pourriez ajouter l’introduction de la contribution territoriale (taxe à l’ha), la hausse du prix des bracelets, la hausse du prix d’adhésion des territoires, … La « baisse » du prix du permis national est un bel écran de fumée.