Après sa venue au Game Fair, il était intéressant d’interviewer Marion Maréchal et de lui demander ce qui l’a motivé à y aller, quelle est sa vision de la chasse et de lui permettre de répondre à ceux qui l’accusent d’aller à la « pêche » aux voix.
Une des propositions qu’elle fait dans cette interview trouve d’ailleurs un écho tout particulier au moment où notre ministre de tutelle, Monique Barbut, vient de faire en sorte que l’arrêté de classement ESOD ne puisse pas être publié à temps.
« Je suis favorable à la création d’un grand ministère de la ruralité, de l’agriculture, des forêts et des littoraux dans lequel serait intégré la chasse. »
Marion Maréchal
Chroniques cynégétiques. Vous vous êtes rendue au Game Fair, le plus grand salon dédié à la chasse en France. Pourquoi ?
Marion Maréchal. Cela fait trois années que j’envisageais de venir au Game Fair, pour deux raisons : la première pour apporter un soutien appuyé à la France des chasseurs, des pêcheurs et de tous les passionnés de la ruralité et la deuxième, pour mieux appréhender un univers d’une richesse inégalée et dont l’impact culturel, écologique et économique est très important. J’ai vraiment été enthousiasmée par mes échanges avec les armuriers, les chasseurs de gibier d’eau, les passionnés de chasse au vol, de vénerie, de chiens de race ou ceux qui valorisent la venaison sauvage. Quand on vient au Game Fair, on comprend mieux pourquoi défendre la chasse, c’est aussi défendre l’identité charnelle et culturelle de la France.
Quand on vient au Game Fair, on comprend mieux pourquoi défendre la chasse, c’est aussi défendre l’identité charnelle et culturelle de la France.
Il fut un temps où la gauche n’était pas opposée à la chasse, considérée comme un acquis de la révolution. Cette gauche-là n’existe plus et on peut considérer que la totalité des partis de gauche aujourd’hui est opposée à cette pratique. A votre avis d’où vient ce basculement idéologique ?
Souvenez-vous des propos de Mélenchon à l’égard des classes populaires françaises : « Il faut mobiliser la jeunesse et les quartiers populaires. Tout le reste, laissez tomber, on perd notre temps.«
Cette phrase résume absolument tout : le divorce de la gauche avec les chasseurs est l’un des symptômes de son abandon du peuple français mais aussi de la pénétration en son sein de l’idéologie de la déconstruction et plus particulièrement de l’antispécisme qui cherche à abolir la dernière frontière éthique : celle qui distingue l’homme de l’animal.
Au fond, la chasse, tout comme l’identité de la France, est menacée par la propagande woke qui structure aujourd’hui la doctrine de la gauche culturelle.
Je note d’ailleurs avec ironie qu’une partie de la gauche animaliste s’inspire désormais du modèle cynégétique allemand pour durcir les conditions d’obtention du permis de chasse, voire fait carrément l’éloge du régime d’interdiction en vigueur dans le très prospère canton de Genève. Ils préfèrent donc que le contribuable français paie, à la place des chasseurs, la régulation et les dégâts de grand gibier… Mais ce qui est le plus révoltant, c’est qu’à travers leur volonté d’abolir la chasse, ils cherchent à priver ces Français souvent modestes, d’un accès à une viande saine et très bon marché.
Abolir la chasse, c’est amputer la France rurale d’un mode de vie ancestral.
La chasse n’est pas qu’un loisir. C’est un art de vivre, un patrimoine populaire mais aussi, et je le répète souvent, une pratique méta-politique. Comme monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, beaucoup de chasseurs affirment une position politique en chassant parfois sans en être conscients. Comment les en convaincre et faire en sorte que cela se traduise par un engagement ?
Si la chasse est réduite à n’être qu’un loisir, alors elle disparaîtra. Non, la chasse est encore mieux que cela : c’est une œuvre de civilisation et à ce titre elle doit être défendue. Nos modes de chasses, notamment traditionnelles, font partie de notre patrimoine immatériel. Le quart des races européennes de chien de chasse est issu de France ! C’est un héritage que nous devons valoriser et défendre. J’ai rappelé sur le stand d’Interprochasse que nous, Français et européens, étions d’abord des descendants de chasseurs. Nous devons notre capacité de survie et d’adaptation ou le développement de notre cerveau à la chasse. Et plus encore, nous sommes les dépositaires de la grandeur de la France monarchique mais aussi républicaine, la richesse de notre langue, de nos arts et de notre gastronomie grâce aussi à la chasse. Être chasseur c’est donc demeurer une sentinelle de l’écologie des civilisations, c’est protéger la beauté et l’équilibre d’un biotope, c’est maintenir un lien avec sa terre, retrouver l’esprit de communauté et entrer en relation avec le sauvage.
Être chasseur […] c’est maintenir un lien avec sa terre, retrouver l’esprit de communauté et entrer en relation avec le sauvage.
Au fond c’est exprimer des valeurs d’une certaine droite civilisationnelle qui sont les miennes. Et au regard de l’accueil chaleureux que mes députés et moi-même avons reçu, je crois que nous pouvons dire que les chasseurs sont pleinement conscients des enjeux existentiels auxquels ils sont confrontés. Ils savent que dès qu’un nemrod raccroche le fusil, c’est un peu de cette France de nos campagnes heureuses qui disparaît.
Si les chasseurs ne sont pas tous des ruraux, la chasse se pratique en milieu rural. Or cette ruralité est en mauvais état, laissée à l’abandon par presque tous les gouvernements qui se sont succédés depuis 30 ans.
Les 22 millions de Français qui vivent dans la ruralité, ont surtout été abandonnés par une fausse droite, la gauche et les macronistes en raison notamment de leur soutien indéfectible à la politique de la ville, aux plans banlieue et à l’avènement d’une métropolisation anarchique. Moi je plaide pour que le camp national bâtisse une politique de la ruralité et des villes moyennes et fasse de la France rurale, un môle de résistance face à toutes les entreprises de dilution de notre identité. C’est pourquoi je suis favorable à la création d’un grand ministère de la ruralité, de l’agriculture, des forêts et des littoraux dans lequel serait intégré la chasse. Je propose également qu’au moins la moitié de crédits publics versés au titre de la politique de la ville – soit 5 milliards d’euros par an – soient réalloués dans des projets structurants dans la ruralité: services de santé et de maternité, réouverture des petites lignes ferroviaires, industrie, rénovation du patrimoine, soutien au développement de circuits courts pour la distribution de viande de gibier.
On voit en France comme au Royaume-Uni une volonté très nette de transformer le monde rural et surtout la population rurale car elle est plus réticente que les citadins aux changements voulus par le pouvoir. Pour parler clair, ils refusent le grand remplacement. Il faut donc progressivement installer la « diversité » en zone rurale. C’est le projet d’associations comme Destin Commun de Laurence de Nervaux.
C’est le combat de demain. Faire en sorte que nos campagnes demeurent des « Safe Place » de la France de toujours, préservée du projet de « société diversitaire ». Plus personne ne conteste, notamment depuis le terrible drame de Crépol, que l’explosion de l’insécurité dans les campagnes françaises est aussi fonction de la dissémination de l’immigration extra-européenne. Aujourd’hui, dans des départements comme la Creuse, le pouvoir utilise tous les moyens possibles – les centres d’hébergement ou le logement social – pour déverser le surplus de migrants qui saturent les dispositifs d’accueil en île de France. Je le dis avec la plus grande fermeté : nos campagnes, nos villages ruraux doivent demeurer des espaces de quiétude et non être transformés en mini cités HLM. Pour cela, il faut revoir de fond en comble la politique du logement social en commençant par supprimer les contraintes ineptes de la loi SRU et reprendre le contrôle de notre politique migratoire. Enfin, je rappellerai que les campagnes françaises sont par nature diversitaires. C’est dans nos campagnes que l’on trouve une richesse infinie de paysages, d’arts et de patrimoine vernaculaires. Les campagnes françaises n’ont pas besoin d’être régénérées. Elles ne sont pas « rabougries » et n’ont aucune leçon de diversité ni d’esprit d’ouverture à recevoir de quiconque, encore moins de Jean Luc Mélenchon.
Enfin un « homme » politique qui a les pieds sur terre !