La présence de Marion Maréchal au Game Fair, les 12 et 13 juin derniers, n’est pas passée inaperçue. Invitée au plus grand salon de la chasse et de la nature en France, la députée européenne a multiplié les déclarations en faveur de la ruralité et de la chasse, qu’elle a qualifiée « d’œuvre civilisationnelle ».
Lirait-elle Chroniques cynégétiques ? Depuis les débuts nous proclamons ici que la défense de la chasse est un combat de civilisation. Je vous invite à lire les deux articles à ce sujet dont les liens sont bas de page.
Elle a notamment plaidé pour l’intégration de la chasse au sein d’un grand ministère de la ruralité, de l’agriculture, des forêts et des littoraux. Sa déclaration sans doute la plus commentée fut celle-ci :
« Derrière l’activité de la chasse, il y a des milliers d’heures de bénévolat invisibles au service de l’étude et de la préservation de nos écosystèmes, notamment de nos zones humides, de l’entretien des haies et des chemins ruraux. Et sans cela, les écologistes n’auraient plus grand-chose à défendre. »
Vous imaginez la bronca chez nos amis Verts.
Les réactions à sa visite ont été nombreuses et globalement positives. Bien entendu la gauche n’a pas manqué de s’offusquer, nous aurions été déçus s’il en avait été autrement. Plus surprenant, certains chasseurs ont semblé réticents.
Les critiques de la gauche : le procès en récupération politique
À gauche et chez les écologistes, la venue de Marion Maréchal a été interprétée comme une opération de séduction à destination d’un électorat rural traditionnellement attaché à la chasse. Ses prises de position en faveur de l’identité, des traditions et de la ruralité sont perçues par ses opposants comme une tentative d’instrumentalisation du monde cynégétique afin de consolider une base électorale déjà sensible à ces thématiques. Cette lecture s’inscrit dans un contexte où la chasse est devenue, au fil des années, un sujet hautement symbolique du clivage entre la France des métropoles et celle des territoires ruraux. La présence d’une figure politique identifiée à la droite conservatrice au Game Fair ne pouvait donc que déclencher la fureur de la gauche.
Au-delà de la critique en récupération électorale, certains responsables politiques de gauche se sont livrés à l’habituel procès en diabolisation, « le bruit des bottes, etc, etc… ». Pour un élu LFI de Rouen, le fait que Marion Maréchal ait testé quelques armes au ball-trap et au sanglier courant révèle la « fascination de l’extrême doite pour les armes, la violence et la mort. » Nous allons décerner la palme d’or de la crétinerie à ce Maxime Da Silva qui n’a même pas compris que, tirer au sanglier courant, ce n’était pas tirer sur de vrais sangliers mais sur une cible mobile. Le niveau intellectuel de nos élus est en baisse constante, en voici un exemple frappant.

L’incohérence des chasseurs qui critiquent aussi
Les réserves ne sont pas venues uniquement des opposants à la chasse. Quelques chasseurs ont montré des réserves, voire une certaine hostilité à la venue de Marion Maréchal au Game Fair. Certains y ont vu une opération de communication, d’autres ont estimé qu’il ne fallait pas « récupérer » la chasse à des fins politiques.
Cette réaction met cependant en lumière un certain paradoxe. Depuis des années, le monde cynégétique dénonce son manque de représentation dans les cercles du pouvoir. Les chasseurs regrettent régulièrement de ne plus être écoutés par les responsables politiques, de voir leurs préoccupations ignorées et leurs pratiques remises en cause sans véritable concertation. Ils déplorent aussi la disparition progressive de figures politiques assumant publiquement leur proximité avec la chasse.
Dès lors, critiquer la venue d’une personnalité politique influente, simplement parce qu’elle affiche un intérêt pour les enjeux cynégétiques, peut apparaître comme une forme d’incohérence. Si les chasseurs souhaitent peser dans le débat public et défendre efficacement leurs intérêts, ils ne peuvent simultanément reprocher au monde politique de les ignorer et repousser ceux qui viennent à leur rencontre.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille accorder un blanc-seing à quiconque se présente au Game Fair. L’esprit critique demeure indispensable et les déclarations doivent toujours être jugées à l’aune des actes. Mais une chose est certaine : une communauté qui refuse le dialogue avec les responsables politiques prend le risque de s’enfermer elle-même dans l’isolement qu’elle dénonce par ailleurs.
Il faut d’ailleurs reconnaître une certaine constance à Marion Maréchal dans ce domaine. Ce n’est pas la première fois qu’elle visite un salon de la chasse. En 2024, elle avait fait une apparition très remarquée et appréciée au salon Sud Traditions et publié une lettre ouverte aux chasseurs dans le cadre des élections européennes.



Une réalité politique : la chasse a besoin de relais
La chasse française souffre aujourd’hui d’un paradoxe : elle demeure l’une des principales activités associatives du pays, mobilisant des centaines de milliers de pratiquants et de bénévoles engagés dans l’entretien des territoires, la préservation de certaines zones humides, la gestion de la faune sauvage ou encore l’entretien de nombreux chemins ruraux. Pourtant, elle dispose de moins en moins de soutiens politiques assumés.
Dans ce contexte, le fait qu’une personnalité politique nationale accepte de se rendre au Game Fair, de dialoguer avec les chasseurs et de défendre publiquement leur rôle doit être interprété comme un signal positif.
Une occasion de replacer la chasse au cœur du débat public
Au-delà de la personnalité de Marion Maréchal et des débats qu’elle suscite, cette visite rappelle surtout une réalité essentielle : la chasse ne peut durablement se maintenir dans le paysage français sans représentation politique.
En accueillant des responsables de tous horizons prêts à dialoguer avec eux, les chasseurs contribuent à remettre leurs préoccupations au cœur du débat public : gestion de la biodiversité, avenir des territoires ruraux, transmission des traditions et place de la nature dans la société contemporaine.
L’enjeu dépasse donc largement une simple visite de salon. Il pose une question fondamentale : la chasse doit-elle se tenir à distance de la politique au risque de devenir invisible, ou accepter le dialogue avec les responsables publics, quels qu’ils soient, afin de faire entendre sa voix ?
C’est sans doute là le véritable enseignement de la venue de Marion Maréchal au Game Fair : au-delà des polémiques qu’elle provoque, elle rappelle que dans une démocratie, les causes qui ne trouvent plus de relais politiques finissent souvent par perdre leur capacité d’influence.
La chasse un combat de civilisation :
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Viva !
quelles sont les personnalités invitées ? ?
Le salon n’invite pas de personnalités mais n’importe qui est libre de s’y rendre et de communiquer sur sa visite. Qu’il soit simple chasseur ou personnalité politique.