Raphaël Archenault (dit Arnault), un des nombreux génies de LFI, vient de nous faire profiter de sa réflexion à propos des incendies qui frappent certaines régions de France cet été. Ils ne sont pas dûs à la sécheresse, ni à l’absence de coupe-feux, ni à des incendiaires, ni à l’indisponibilité des Canadairs mais c’est le capitalisme qui en serait la cause !
Et le chef de la bande de voyous de la jeune garde, responsable de la mort de Quentin Deranque, reconverti en analyste environnemental, nous livre sa solution dans un long fil sur X. il faut sortir du capitalisme et s’engager dans une économie planifiée.
Voici quelques morceaux choisis de la prose de ce nouveau génie de la philosophie politique, de ce grand intellectuel du XXIe siècle que nous envient bien des pays. Vous noterez la réthorique digne de celle d’un élève du collège et la grande pertinence des arguments…
- « Ils ont fait le choix de brûler notre planète et le vivant, pour s’engraisser toujours plus. »
- « En réalité, il ne s’agit pas d’inaction mais bel et bien d’actions parfaitement conscientes et appliquées dans un seul but : le profit. »
- « C’est le résultat d’un système économique : le capitalisme. Il est à l’opposé de l’idée d’une économie planifiée, selon les besoins, qui respecterait la planète et les gens qui y vivent. »
- « Ils préféreraient voir nos terres brûler depuis leur yacht en pleine mer plutôt que d’imaginer le partage des richesses et une économie planifiée. »
- Etc, etc…

Nous allons rappeler à ce triste sire quels sont les résultats écologiques, économiques et humains des économies planifiées. Les plus grandes catastrophes environnementales du XXe siècle ont eu lieu dans des économies planifiées. Le socialisme a été un cataclysme pour la planète et le vivant, il est bon de le rappeler.
– Mer d’Aral (URSS) : Eau détournée pour le coton, sur décision du Gosplan. 90% du volume disparu. 60 000 km² de désert de sel toxique.
– Tchernobyl (URSS) : réacteur sans enceinte de confinement, choisi parce qu’il coûtait moins cher et produisait du plutonium militaire.
– Kychtym / Maïak (URSS) : explosion d’une cuve de déchets, troisième accident nucléaire de l’histoire, classé secret pendant 32 ans. 23 villages effacés des cartes (au sens propre : on a réédité les cartes).
– Lac Karatchaï (URSS) : décharge nucléaire à ciel ouvert. Sécheresse de 1967, le lac s’assèche, le vent disperse la poussière radioactive sur un demi-million de personnes. Une heure sur la rive suffit à tuer.
– Rivière Techa : les soviétiques ont déversé des déchets nucléaires dans la rivière où 124 000 riverains puisaient leur eau potable. C’est l’un des plus graves accidents nucléaires de l’histoire, bien qu’il soit resté longtemps méconnu en raison du secret soviétique. Elle s’est produite à proximité du complexe nucléaire de Mayak, construit pour produire le plutonium destiné aux premières armes nucléaires soviétiques. Les études menées ultérieurement ont mis en évidence une augmentation des leucémies ; une hausse de certains cancers ; des effets héréditaires étudiés sur plusieurs générations ; des doses reçues parmi les plus importantes jamais observées dans une population civile exposée de manière chronique.
– Semipalatinsk (URSS/Kazakhstan) : 456 essais nucléaires dont 116 à l’air libre, au-dessus d’une zone habitée. 1,5 million d’irradiés.
– Novaïa Zemlia (URSS) : l’essai de Tsar Bomba, énorme bombe nucléaire, 50 mégatonnes, 3 000 fois Hiroshima. Puis 17 000 conteneurs de déchets et 16 réacteurs nucléaires, dont 6 encore chargés, ont été coulés dans la mer de Kara. Selon les inventaires officiels russes et les évaluations de l’Agence internationale de l’énergie atomique, les tenants de l’économie planifiée ont immergé :
- environ 17 000 conteneurs de déchets radioactifs solides ;
- 19 navires contenant des déchets radioactifs ;
- 14 réacteurs nucléaires provenant de sous-marins ;
- 5 compartiments de réacteurs provenant de sous-marins ;
- parmi ces réacteurs, 6 contenaient encore du combustible nucléaire usé.
– Norilsk (URSS) est l’un des plus grands complexes miniers et métallurgiques au monde. Situé dans le nord de la Sibérie, au-dessus du cercle polaire arctique, il est également considéré comme l’un des sites industriels ayant eu les impacts environnementaux les plus importants de l’époque soviétique et post-soviétique. : 2 millions de tonnes de SO₂ brulés et rejetés dans la nature par an. Pendant des décennies, les fonderies ont rejeté d’énormes quantités de dioxyde de soufre (SO₂), de métaux lourds (nickel, cuivre, plomb, arsenic, cadmium) et de particules fines.
Résultat : autour des installations des milliers de kilomètres carrés de taïga ont été gravement dégradés ou détruits par les pluies acides ; les sols présentent des concentrations très élevées en métaux lourds ; plusieurs cours d’eau ont été contaminés ; la biodiversité locale a fortement régressé dans les zones les plus proches des fonderies.
– Lac Baïkal (URSS), il représente 20% de l’eau douce du monde, et les génies de l’économie planifiée soviétique nous installent une usine de cellulose sur la rive pour fabriquer un textile de pneu d’avion devenu obsolète avant même l’ouverture de l’usine.
– Volga, Dniepr, Caspienne : cascades de barrages et égouts chimiques. 90% des esturgeons disparus.
– Flotte baleinière soviétique (1948-1973) : 180 000 baleines massacrées sans aucun usage commercial, dont 48 000 rorquals à bosse, uniquement pour remplir des tonnages imposés par le Gosplan, organisme en charge de l’économie planifiée.
Certains objecteront peut-être que ce n’est pas dû à l’économie planifiée mais aux soviétiques. Bizarrement dans tous les autres pays où cette forme d’économie a été mise en oeuvre, ce fut la même catastrophe.
– Triangle Noir (RDA / Tchécoslovaquie / Pologne) : lignite soufré brûlé sans le moindre filtre. Un million d’hectares de forêts tués par les pluies acides dans les Monts Métallifères et les Sudètes. Région la plus polluée du monde pendant des années.
– Bitterfeld (RDA) et Copșa Mică (Roumanie) : villes-usines où l’espérance de vie s’effondrait de près d’une décennie sous la moyenne nationale. Plombémie infantile dix fois la norme. Enfants aux dents noires.
– Grand Bond en avant (Chine, 1958-1962) : 10% des forêts rasées pour alimenter des hauts-fourneaux de jardin produisant une fonte inutilisable.
– Campagne des Quatre Nuisibles (Chine) : extermination des moineaux, invasions de criquets, 30 à 45 millions de morts de famine.
– Barrage de Banqiao (Chine, août 1975) : 62 barrages cèdent en cascade. 170 000 à 240 000 morts. Secret d’État pendant vingt ans. La catastrophe technologique la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité.
– Corée du Nord : 40% du couvert forestier disparu, montagnes terrassées jusqu’aux crêtes sur ordre du Parti. Inondations de 1995, effondrement agricole, famine.
Voici les résultats de l’économie planifiée qui, selon Arnault, « respecte la planète et les gens qui y vivent ». Pour en rajouter une couche, je rappelle que l’URSS n’était pas dirigée que par des idiots et que, malgré cela, les résultats sont catastrophiques. Imaginez ce que pourrait donner une économie dirigée et planifiée par Archenault, Panot, Ersilia Soudais ou Antoine Léaument…
« Un communiste, c’est quelqu’un qui a lu Marx, et un anticommuniste, c’est quelqu’un qui l’a compris. » Svetlana Aleksievitch (Prix Nobel de littérature d’origine biélorusse)
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