Après la FFTir, la FNC et un armurier du sud-est de la France, c’est l’armurerie Lavaux (installée dans les Vosges) qui a déclaré avoir été victime d’une cyberattaque ayant permis le piratage de données relatives à des commandes passées sur son site Internet depuis 2025.

L’entreprise indique avoir été informée de l’incident le 1er août 2026. À ce stade, aucune revendication publique, aucun échantillon de données et aucun nombre de clients ou de commandes concernées n’ont été rendus publics. Des spécialistes de la cybersécurité mentionnent néanmoins que des dizaines de milliers de personnes seraient concernées. Il faut aussi noter que Lavaux indique n’avoir informé sa clientèle que cinq jours après avoir été alerté du piratage.

C’est donc une nouvelle base de données permettant potentiellement de faire le lien entre une identité, un domicile et des achats liés aux armes qui tombe entre des mains malveillantes. Ces informations pourraient être utilisées à des fins de renseignement ou de repérage. Pour un client d’armurerie, les conséquences possibles dépassent largement le pishing. Une telle base pourrait être exploitée pour sélectionner des domiciles, préparer un cambriolage ou mettre en scène une fausse intervention des forces de l’ordre. Un numéro de commande n’a rien d’anodin quand il est associé à une adresse postale et à la désignation précise d’une arme ou de munitions.

Il est plus que jamais important de lire les conseils donnés à Chroniques cynégétiques par un spécialiste de la cybersécurité.

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Quelles données sont concernées ?

Selon l’armurerie Lavaux, les informations extraites concernent les récapitulatifs de commandes. Les données susceptibles d’avoir été compromises comprennent notamment :

  • nom et prénom ;
  • numéro de téléphone ;
  • adresse postale ;
  • numéro de commande ;
  • identifiant de commande ;
  • désignation des produits commandés ;
  • références des produits ;
  • prix des produits et montant total de la commande.

Quelles données ne sont pas concernées ?

L’entreprise affirme que les informations suivantes n’ont pas été compromises :

  • documents transmis par les clients ;
  • adresses électroniques ;
  • mots de passe ;
  • données bancaires ;
  • moyens de paiement ;
  • numéros SIA ;
  • numéros d’armes.

Les mesures prises par l’armurerie Lavaux

À la suite de la découverte de l’incident, l’entreprise indique avoir :

  • identifié et corrigé la vulnérabilité concernée ;
  • renforcé la sécurité de ses systèmes d’information ;
  • notifié l’incident à la CNIL ;
  • transmis les éléments aux autorités compétentes afin de permettre l’identification des auteurs.

Quels risques pour les personnes concernées ?

Les informations compromises pourraient être utilisées dans le cadre de :

  • campagnes de phishing ciblé ;
  • appels téléphoniques ou SMS frauduleux ;
  • usurpation de l’identité de l’armurerie ;
  • tentative de cambriolage des détenteurs d’armes des catagories B, C ou D.

Compte tenu de la nature de l’activité de l’entreprise, Armurerie Lavaux appelle également les détenteurs d’armes relevant des catégories B, C ou D à faire preuve d’une vigilance renforcée. L’entreprise rappelle notamment que les forces de l’ordre ne se présenteront jamais spontanément au domicile d’un particulier afin de récupérer des armes ou des munitions dans le cadre de cet incident.

En cas d’appel ou de visite suspecte, l’entreprise recommande de contacter immédiatement les forces de l’ordre en composant le 17.

Ce que nous savons à ce stade

  • Des données relatives à des commandes passées depuis 2025 ont été extraites.
  • Les informations concernées comprennent notamment les noms, coordonnées, adresses postales et le détail des commandes.
  • Les mots de passe, adresses électroniques, données bancaires, numéros SIA et numéros d’armes ne sont pas concernés selon l’entreprise.

Ce qui reste à confirmer

  • Le nombre exact de clients concernés.
  • Le nombre de commandes concernées.
  • Le volume total des données extraites.
  • Les circonstances techniques précises de la compromission.
  • L’identité du ou des auteurs.
  • Une éventuelle diffusion ou réutilisation des données.
  • À ce stade, aucune revendication publique ni aucun échantillon de données n’ont été publiés.

Quand les armuriers vont-ils enfin comprendre qu’ils sont des cibles prioritaires et que la sécurité des données de leurs acheteurs est primordiale ? Il faut que ce secteur revoie sa cybersécurité de fond en comble, il en va de leur crédibilité et de la sécurité physique et informatique de leurs clients.

Il serait bien que le Syndicat professionnel National de la Filière Armurière (SNAFAM) se saisisse du sujet et lance un programme de sensibilisation, de formation de ses membres. Il est inquiétant de constater que le site internet de ce syndicat ne parle pas de ce sujet, pourtant si important. Leur dernière communication à ce propos date du 7 novembre 2025 et ne fait que relayer les éléments diffusés par la FF Tir à la suite de son piratage.

Voici une copie d’écran du site du SNAFAM qui détaille les missions du syndicat. Vous constarez que le sujet cybersécurité n’est pas mentionné.


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