Tom Opre, le fondateur de la Shepherds of Wildlife Society1, interpelle dans cette vidéo notre premier ministre, Sébastien Lecornu à propos de son projet d’interdire l’importation de trophées de certaines espèces.

« Élaborer des politiques depuis Paris est facile. Vivre avec leurs conséquences dans les zones rurales d’Afrique est quelque chose de totalement différent. »

Il est important que les chasseurs se mobilisent pour faire échec à ce projet stupide et contre-productif. Nous aussi, nous pouvons faire du lobbying et exercer des pressions ! Écrivez à votre député ou à votre sénateur, le gouvernement doit renoncer. Vous trouverez en annexe un modèle de lettre à envoyer à vos élus. Le lobbying des associations animalistes, anti-chasse doit cesser, il ne génère que des catastrophes, que ce soit en France ou à l’étranger.

La Shepherds of Wildlife Society est une organisation américaine à but non lucratif qui cherche à promouvoir une conception de la conservation fondée sur l’utilisation durable de la faune sauvage, la gestion active et la participation des populations rurales. C’est une organisation de communication et d’éducation sur la conservation ; favorable à la gestion active de la faune ; favorable à l’utilisation durable, y compris la chasse lorsque celle-ci est appropriée ; très attentive aux droits et aux intérêts économiques des communautés rurales et très critique de certaines formes de conservation occidentale qui privilégient la protection des animaux sans prendre suffisamment en compte les populations humaines.

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C’est précisément ce qui rend Tom Opre et la Shepherds of Wildlife Society particulièrement intéressants dans le débat français sur l’interdiction des trophées : leur argument ne consiste pas à dire simplement « laissez-nous chasser », mais plutôt « si vous supprimez la valeur économique de la faune pour ceux qui vivent avec elle, quelles seront les conséquences sur sa conservation ? »

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Voici la transcription et la traduction de son adresse au premier ministre.

Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a annoncé que son gouvernement avait l’intention d’interdire l’importation de trophées de chasse provenant d’espèces menacées.

Monsieur le Premier ministre, avant de prendre cette décision, je pense que vous devez comprendre quelque chose à propos des personnes qui devront vivre avec les conséquences de votre choix.

J’ai passé des années à travailler dans les zones rurales d’Afrique, notamment au sein de communautés extrêmement isolées de Zambie. Beaucoup de ces personnes sont des agriculteurs pratiquant une agriculture de subsistance. Elles vivent de leurs terres, de leurs récoltes et des ressources naturelles qui les entourent, notamment de la faune sauvage. Lorsque les pluies ne viennent pas, leurs récoltes peuvent être détruites. Lorsque des éléphants ou d’autres animaux sauvages ravagent ces cultures, il n’existe aucune assurance agricole pour indemniser ces familles.

Leurs gouvernements ne disposent souvent pas des ressources financières que nous considérons comme allant de soi en Occident. Et il n’y a pas toujours une agence des Nations unies ou une ONG prête à intervenir pour remplacer ce que ces familles ont perdu.

C’est pourquoi l’utilisation durable des ressources naturelles est importante.

Lorsque la faune sauvage est gérée légalement et scientifiquement, correctement réglementée, et que les bénéfices reviennent aux populations locales, l’utilisation durable peut créer une valeur économique considérable dans certains des endroits les plus reculés de la planète. Elle peut fournir de la viande, des emplois, des revenus et, surtout, une raison économique pour les populations locales de préserver la faune sauvage dans son habitat naturel.

Ce n’est pas simplement mon opinion. L’Union internationale pour la conservation de la nature, l’UICN, reconnaît l’utilisation durable comme un outil important de conservation et de développement. Elle a également reconnu spécifiquement qu’une chasse correctement gérée peut créer des incitations à la conservation des espèces sauvages tout en procurant des bénéfices aux communautés rurales.

Alors, que se passe-t-il lorsque des gouvernements occidentaux riches commencent à supprimer cette valeur économique ? Les gens doivent toujours survivre. Si l’utilisation légale de la faune sauvage ne leur procure plus de bénéfices et que les familles se retrouvent désespérées, les animaux sauvages pourront toujours être tués pour se nourrir ou pour générer des revenus. La différence, c’est qu’une exploitation illégale et non réglementée n’est pas de la conservation.

La faune sauvage est une ressource renouvelable, mais limitée. Continuez à la prélever sans gestion et, à terme, cette ressource peut disparaître.

Et après ?

C’est précisément la question à laquelle nous avons été confrontés en réalisant Killing the Shepherd, dans les zones rurales de Zambie. Nous avons documenté les conséquences humaines de l’extrême pauvreté et de l’insécurité alimentaire, notamment des familles confrontées au mariage des enfants comme moyen de survie.

Alors, Monsieur le Premier ministre, j’ai une question très sérieuse à vous poser. Si la France adopte délibérément une politique qui retire à la faune sauvage sa valeur économique sans remplacer les bénéfices que les communautés rurales tirent de cette faune, avez-vous réfléchi aux conséquences humaines ?

Car si ces conséquences contribuent à aggraver la pauvreté, à accroître l’insécurité alimentaire et à créer des situations dans lesquelles une nouvelle jeune fille est mariée simplement pour permettre à sa famille de survivre, alors je n’aurai aucun problème à vous qualifier de « créateur de mariées-enfants ».

Est-ce vraiment ce que vous voulez voir associé à votre nom et à cette politique ? Si la France estime que l’utilisation durable des ressources naturelles doit être retirée aux communautés rurales africaines, alors montrez-nous les données scientifiques.

Montrez-nous par quoi vous allez remplacer ces revenus.

Montrez-nous comment la faune sauvage conservera une valeur suffisante pour être protégée. Et expliquez-nous en quoi les personnes qui vivent au quotidien avec cette faune seront mieux loties grâce à votre décision.

Parce qu’élaborer des politiques depuis Paris est facile. Vivre avec leurs conséquences dans les zones rurales d’Afrique est quelque chose de totalement différent.

La conservation sans dignité humaine n’est pas de la conservation.

Souvenez-vous : Mère Nature ne pratique pas la conservation. C’est l’utilisation judicieuse des ressources naturelles que les êtres humains mettent en œuvre qui est la vraie conservation.


  1. https://shepherdsofwildlife.org ↩︎

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2 commentaires sur « Vidéo. Interdiction d’importation de trophées, notre premier ministre se fait « engueuler » ! »

  1. La seule raison à cette décision tient dans la démission de notre ministre puis à son retour à son poste. C’est un chantage: ok je peux rester mais je veux ça, ça et ça. Chacun jugera les protagonistes.

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